ACTE II, SCÈNE IX
L*enfant que le Seigneur aime , Qui de bonne heure entend sa voix , Et que ce Dieu daigne instruire lui-même ! Loin du monde élevé , de tous les dons des cieux Il est orné dès sa naissance ; Et du méchant l'abord contagieux N'altère point son innocence.
TOUT LE CHŒUR
Heureuse, heureuse l'enfance Que le Seigneur instruit et prend sous sa défense )
LA MÊME voix, SCUÎe.
Tel en un secret vallon.
Sur le bord d'une onde pure , Croît, à l'abri de l'aquilon, Un jeune lis, l'amour de la nature.
Loin du monde élevé, de tous les dons des cieux Il est orné dès sa naissance ; Et du méchant l'abord contagieux N'altère point son innocence.
TOUT LE CHŒUR
Heureux, heureux mille fois L'enfant que le Seigneur rend docile à ses lois ! UNE VOIX, seule.
Mon Dieu , qu'une vertu naissante Parmi tant de périls marche à pas incertains I Ou'une âme qui te cherche et veut être itmocente Trouve d'obstacle à ses desseins !
Que d'ennemis lui font la guerre I Où se peuvent cacher tes saints?
Les pécheurs couvrent la terre.
UNE AUTRE
0 palais de David et sa chère cité , Mont fameux, que Dieu même a longtemps habité, Comment as -tu du ciel attiré la colère? Sion, chère Sion, que dis-tu quand tu vois Une impie étrangère Assise , hélas ! au trône de tes rois ?
TOUT LE CHŒUR
Sion, chère Sion, que dis-tu quand tu vois Une impie étrangère Assise, hélas I au trône de tes rois?
LA MÊME VOIX coutinue.
Au lieu des cantiques charmans Où David t'exprimoit ses saints ravissemens, Et bénissoit son Dieu, son Seigneur, et son père;
S&78 \THALIE
SCÈNE VIII. - JOAS, JOSABETH, ZACHARIE, SALOMI' JOAD, ABNER, lévitbs, le chœur.
JOSABETH , à Joad.
Avez-Yous entendu cette superbe reine , Seigneur?
JOAD
J'entendois tout et plaignois votre peine. Ces lévites et moi prêts à vous secourir, Nous étions avec vous résolus de périr.
{À Joas y en Vcmhrassant.) Que Dieu veille sur vous, enfant dont le courage Vient de rendre à son nom ce noble témoignage. Je reconnois , Abner , ce service important : Souvenez-vous de l'heure où Joad vous attend. Et nous, dont cette femme impie et meurtrière A souillé les regards et troublé la prière, Rentrons; et qu'un sang pur, par mes mains épanché , Lave jusques au marbre où ses pas ont touché.