‹ Œuvres complètesChapitre 523 sur 594 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

Avoit pu de son cœur surmonter l'injustice ,

Et si de tant de maux le funeste inventeur

De quelque ombre de bien pouvoit être l'auteur.

MATH AN

De quoi vous plaignez- vous? Vient-on avec furie Arracher de vos bras votre fils Zacharie? Quel est cet autre enfant si cher à votre amour? Ce grand attachement me surprend à mon tour. Est-ce un trésor pour vous si précieux, si rare? Est-ce un libérateur que le ciel vous prépare? Songez -y : vos refus pourroient me confirmer Un bruit sourd que déjà l'on commence à semer.

JOSABETH

Quel bruit?

MATHAN

Que cet enfant vient d'illustre origine ; Qu'à quelque grand projet votre époux le destine.

JOSABETH

Et Mathan, par ce bruit qui flatte sa fureur....

MATHAN

Princesse , c'est à vous à me tirer d'erreur.

Je sais que, du mensonge implacable ennemie,

Josabeth livreroit même sa propre vie ,

S'il falloit que sa vie à sa sincérité

Coûtât le moindre mot contre la vérité.

Du sort de cet enfant on n'a donc nulle trace?

Une profonde nuit enveloppe sa race?

Et vous-même ignorez de quels parens issu ,

De quelles mains Joad en ses* bras l'a reçu?

P^lez ; je vous écoute , et suis prêt à vous croire :

Au Dieu que vous servez, princesse, rendez gloire.

JOSABETH

Méchant , c'est bien à vous d'oser ainsi nommer Un Dieu que votre bouche enseigne à blasphémer! Sa vérité par vous peut-elle être attestée. Vous , malheureux , assis dans la chaire empestée Où le mensonge règne et répand son poison ; Vous, nourri dans la fourbe et dans la trahison?

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