‹ Œuvres complètesChapitre 529 sur 594 · ACTE III, SCÈNE VlII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VlII

Dieu tout-puissant, sont-ce là les prémices, Les parfums et les sacrifices Qu'on devoit en ce jour offrir sur tes autels?

UNE DES FILLES DU CHŒUR

Quel spectacle à nos yeux timides!

Qui l'eût cru, qu'on dût voir jamais Les glaives meurtriers , les lances homicides Briller dans la maison de paix?

UNE AUTRE

D'où vient que, pour son Dieu, pleine d'indifférence, Jérusalem se tait en ce pressant danger?

D'où vient, mes sœurs, que, pour nous protéger, Le brave Abner au moins ne rompt pas le silence?

SALOMITH.

Hélas 1 dans une cour où l'on n'a d'autres lois

Que la force et la violence,

Où les honneurs et les emplois Sont le prix d'une aveugle et basse obéissance ,

Ma sœur , pour la triste innocence

Qui voudroit élever la voix?

UNE AUTRE

Dans ce péril, dans ce désordre extrême. Pour qui prépare- t-on le sacré diadème?

SALOMITH.

Le Seigneur a daigné parler ; Mais ce qu'à son prophète il vient de révéler , Qui pourra nous le faire entendre?

S'arme-t-il pour nous défendre?

S'arme-t-il pour nous accabler?

TOUT LE CHŒUR chantc.

0 promesse ! ô menace ! ô ténébreux mystère I Que de maux , que de biens sont prédits tour à tour I Comment peut-on avec tant de colère Accorder tant d'amour ?

UNE VOIX, seule.

Sion ne sera plus : une flamme cruelle Détruira tous ses ornemens.

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