ACTE IV, SCÈNE V
Hélas! pour vous sauver j'ai fait ce que j'ai pu : Dieu ne se souvient plus de David votre père 1
JOAD , à Josàbeth.
Quoi! vous ne craignez pas d'attirer sa colère Sur vous et sur ce roi si cher à votre amour? Et quand Dieu, de vos bras l'arrachant sans retour, Voudroit que de David la maison fût éteinte, N'êtes-vous pas ici sur la montagne sainte Où le père des Juifs sur son fils innocent Leva sans murmurer un bras obéissant , Et mit sur un bûcher ce fruit de sa vieillesse , Laissant à Dieu le soin d'accomplir sa promesse , Et lui sacrifiant, avec ce fils aimé.
Tout l'espoir de sa race, en lui seul renfermé?
Amis , partageons-nous : qu'Ismaël en sa garde Prenne tout le côté que l'orient regarde; Vous, le côté de l'ourse; et vous, de l'occident; Vous, le midi. Qu'aucun, par un zèle impudent, Découvrant mes desseins, soit prêtre, soit lévite. Ne sorte avant le temps, et ne se précipite; Et que chacun enfin, d'un même esprit poussé. Garde en mourant le poste où je l'aurai placé. L'ennemi nous regarde , en son aveugle rage , Comme de vils troupeaux réservés au carnage , Et croit ne rencontrer que désordre et qu'effroi. Qu'Azarias partout accompagne le roi.
U Joas.) Venez , cher rejeton d'une vaillante race , Remplir vos défenseurs d'une nouvelle audace; Venez du diadème à leurs yeux vous couvrir, Et périssez du moins en roi s'il faut périr.
{À un lévite.) Suivez-le, Josàbeth. Vous, donnez-moi ces armes.
[Au chœur.) Enfans, offrez à Dieu vos innocentes larmes.