‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 142 sur 293 · LA MESNAGERIE DE XENOPHON · texte numérisé non relu

LA MESNAGERIE DE XENOPHON

grand puisse entièrement estre propre de rhomme , mais vrayement de Dieu , de commander aux personnes de telle sorte, qu'il se cognoisse clairement que c'est de leur gré. Cesi luy qui espargne ce bien et le reserve pour ceux qui ont vrayement voué et fait la professiez d'une vie pure et chaste*^ mais de régner sur les hommes malgré eux , cela donne il, à mon advis, à ceux qu'il estime dignes de vivre comme Tantale, lequel on dit estre Ik bas eo enfer languissant à tout jamais, et mourant, de peur de mourir deux fois^.

1. Toic &Xy)6iv(5; (Ta>9po<pjvig TexeXecriiiévotc, dit le grec; M a traduit le plus souvent : «pour ceux qui possèdent Téritablement une prudence , une sagesse accomplie » ; maii le sens donné par La Boëtie est de beaucoup le plus beiv et le meilleur.

2. Les poètes Tont représenté dans les enfers , les uot , au milieu d'un étang, dont Teau fuyait sans cesse m lèvres altérées^ entouré d^ arbres dont il ne pouvait atteindre les fruits pour satisfaire sa faim; les autres, au^ieisous d'un rocber dontla cbute menaçait à chaque instuttii tête : V. Homère, Od,, XI, y. 582-K92;Pindare, 1" 0/yay. V. 87 et suiv. (éd. de Heyne); 8" Isthm., v. 20 et 21; Ah ripide, Oresle , v. 6, 971 et suir. (éd. Tauchnitz); Ucrèce, 111,994; Ovide, Jlf«(., VI, 172; X, 41; SéDèqve, Thyeste, acte. I. Cf. Cicéron, TuscuL, I, tf ; IV, 16; Hygii, Fab., 82 et 83; Lucien, Dial. des morts, 17; etc.

A M. DE MESMESS

mGNEUa DE BOISSY ET DE MALASSIZE^, GONSSILLEB DU ROY EN SON PRIVÉ CONSEIL.

Monsieur y c'est une des plus notables folies que les hommes facent, d'employer la force de leur entend^odent à ruiner et choquer les opinions com- Bunes et receues, qui nous portent de la satisfaction et du contentement. Car là où tout ce qui est sous

i. Henri de Mesmes , issu d'une famille originaire du Uttn , naquit à Paris , en 11^2 , se distingua par ses ta- Inis administratifs et politiques sous les rois Henri II , Chirles IX , Henri III , et posséda , entre antres charges , c^ede chancelier du royaume de Navarre. Rollin, dans «OQ Traité des Eludes ( !. I , c. 2 , art. 1) , cite de lui des ^moires manuscrits que le premier président de Mes- ■es lui arait communiqués , et qui ont été publiés de- Ws. Ses vastes connaissances le rendaient digne d'être ^mi et le protecteur des savants : lui-même nous apprend, remarque M. Le Clerc, qu'au sortir du collège, Q récita Homère d'un bout à l'autre ; dans la suite il prit l^aucoup départ au travail de Lambin sur Gicéron et mé> HU qu'il lui fût dédié.

2. On sait , dans notre ancienne monarchie , la vogue U la puissance de la chanson et des jeux de mots. De Mesmes avait négocié , en 1570 , avec Armand de Biron , la Paix entre les catholiques et les protestants ; d'Une infirmité de celui-ci qui boitait , et de la seigneurie de son collègue , on appela trop justement cette paix u boiteuse «tmal assise, i»

le ciel, employé les moyens et les outils que nature luy a mis en main ( comme de vray c*en est rusag^j, pour l'agencement et commodité de son estre, c^ii ici , pour sembler d'un esprit plus gaillard et plus esveillé, qui ne receoit et qui ne loge rien que mille fois touché et balancé au plus subtil de la raison, vont esbranlans* leurs âmes d'une assiette paisible et reposée, pour, après une longue queste, la remplir e& somme de doubte, d'inquiétude et de fiebvre'. Ce n'est pas sans raison que l'enfance et la simplicité ont esté tant recommandées par la vérité mesme^ De ma part j'ayme mieux estre plus à mon ayse, et moins habile ; plus content, et moins entendu. Yofik pour quoy, monsieur , quoy que des fines gens ee mocquent du soing que nous avons de ce qvi le passera ici après nous , comme nostre ame, logée ailleurs, n'ayant plus à se ressentir des choses deçà* bas , j'estime toutesfois que ce soit une grande coDr solation à la foiblesse et brièveté de ceste vie, de croire qu'elle se puisse fermir^ et allonger parla re-

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