‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 177 sur 293 · Pour »e consumer ; v. sur re verbe, p. 225. o · texte numérisé non relu

Pour »e consumer ; v. sur re verbe, p. 225. o

(H'esseeineDt, ce semble, pour se faire esmouiroir, et envenimer la playe, a fin que pour un fteo de douleur qu'il a, qui le poingt* et luy lemange, l'ulcère esgratigné s'empire tousjours, (I devienne plus grand et fascheux!

Or doncques de cela je suis certain que tjj te irderas fort bien. Mais encores essaye toy en ta ensee de te transférer toy mesme et remettre

ce temps la, que ceste fille, maintenant morte, *estoit pas encores née ; et si ne pensions (oas pas lors^ avoir occasion aucune de nous bindre de la fortune. Puis, ayant pensé k ce smps Ik, assemble le avecques celuy de mainteânt , et tu trouveras que l'estat de nos affaires itoit lors, et est a ceste heure, entièrement areil. Car si nous estimons que nous avions. Ids de raison de nous contenter, avant qu'elle

1. (Pangit) : poindre, espoindre, piquer; verbes exressifs déjà signalés, et dont le xvi^ siècle a fait un fréleot emploi. Du Bellay, dans ses Regrets redemande lec douleur

La France et son Anjou dont le désir le poingt, (Sonn.25;cf. 30.) lU&sard, dans le Bocage royal, nous dit d'un prince :

Et tant il est d'honneur et de louange espoinct. Que pardonnant à tous ne se pardonne point.

9n§Uif, piquant, se lit dans Rabelais, 1 , 28 : de là les Italiens et les Espagnols nous ont pris leur pungitivo.

1 Et cependant nous ne pensions pas alors.... On a pu souvent remarquer les acceptions diverses qui appartenaient à la particule <i, et surtout la vivacité piquante 9'elle communiquait au tour des phrases. Plus bas, si ■ira le sens de en outre,

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nasquist, il semblera, ma femme, que nous soyons courroucez et desplaisans * de sa naissance. Or les deux ans d'entre deux, qui a esté le terme de sa vie, il ne faut point les tirer hors ny rabatre de nostre mémoire -, mais amm nous ayans apporté jouissance d'autant de faveur et de bien , les compter pour plaisir , et non pas reputer un bien court k^ grand mal, ay estre ingrats envers nostre fortune du présent qu'elle nous a fait, pour ce qu'elle ne l'a pas augmenté de tant comme nous espérions. Car certainement on ne peut faillir à tirer un bel et plaisant fruict de dire tousjours bien et se contenter de ce que Dieu a voulu, et de prend» à gré, et sans se plaindre , ce que la fortmie nous baille. Et en telles choses celuy qui rameine le plus k soy la souvenance des Ineis passez, et qui destourne et retire l'entendement

1. Fâchés et mécoBtents... «Nicole Gilles, ea la Vie i» Roy Loys III : Hue le grand jura qu'il courrouceroit It roy , c'est-à-dire Ten feroit marry et desplaUant.» Ptrcet exemple, tiré du Thresor, on voit quel était le sens ancien de desplaisanl; on reconnaît de plus que courrweir avait autrefois la signiBcation active. Remarquons encore, avec Nicot, que courroucé ne voulait pas dire senleDeot irrité , mais triste , peiné , comme : a II est grandement courroucé de ce qu'il n'a nuls enfans. y> Ëtym. : car roàir tur,ringitur; de même en italien : corrociare.

2. Me pas envisager un bien passager, de courte 4arée» comme un.... Au centre de la France, dans la partie oàn parlait le plus pur langage français, on disait pbU^' Réputer un homme savant, ou pour savant ^ répuUr «w chose pour mauvaise. . . .

es choses qui le troublent et obscurcissent , our le remettre en la partie de sa vie qu'il a Ottvee la plus belle et la plus claire ^ c'est *ayement celuy Ik qui en esteint entièrement i douleur, ou pour le moins, l'affoiblit et Taortit , la destrempant avecques la meslange^ ison contraire. Car tout ainsi que les onguens î bonne odeur resjouissent tousjours le sentient, et si sont un préservatif contre les maulises senteurs-, ainsi le pensement du bien ceu sert encores de remède nécessaire au al qui survient, au moins à ccluy qui ne fuit 18 la mémoire du bien passé, et ne prend pas aisir d'accuser entièrement de tout la fortune : 5 quoy nous nous debvons bien garder, et de mloir calomnieusement blasmer la vie d'entre )us hommes pour quelque tache de malheur, (le possible sans plus^, qui se treuve en elle, )mme en un livre, tout le demourant estant

1. Briilante... : mot très-usité dans ce sens à Tépoque eUBoiStie. Ainsi Marot célèbre, avec le ris de madame AUebret,

Son doulx parler, son clair teint, ses beaux yeux ; léit ailleurs, dans ses Epigrammes :

Le clair Phebus donne la vie et l'ayse....

1 Destremper, c'était, suivant l'explication de Nicot, imollir, radoucir. Quant à meslange , on a déjà dit que » mot était alors du féminin : v. p. 288, n. 1.

8. Peut-être une, et pas davantage. ...Sur ces considéralions, cf. Arrien, Disserl. Epict., III, 24; Sénèque, de ^d Providence, c. 2, etc.

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net et entier. Car il te souvient bien de m'avoir souvent ouy dire, que les changemens de fortune ne peuvent de guieres esbransler noslre vie, ny avec ses hazards elle ne luy sçauroit faire prendre grand sault* . Mais toute la félicité ne dépend que d'une bonne et droicte resolur tion, parfaite et accomplie en une habitude ferme et asseuree\ Et encores s'il faut, a la façon de la plus part des hommes, se gouverner parce qui est hors de nous, et s'il est besoing de conter^ ce que nous tenons de la fortune, et faire le

i. Imprimer âne grave secousse, c.-à-d. la troubler gravement. La raison nous en est exposée dans ces belles paroles de Montaigne, 1, 40. a La fortune ne nous fait njbieo ny mal ; elle nous en offre seulement la matière et la semence : laquelle,, nostre ame, plus puissante qu'elle, tourne et applique comme il luy plaist^ seule cause et maistresse de sa condition heureuse et malheureuse.» Aussi, on lésait, l'auteur des Essais ûmiU-ii mieva[or§tr ion àme que lAmeubler, III, 3. Cf. Charron. Sag.y 1,18.

2* C'est qu'en effets comme Montaigne le dit encore,!, 50, c( les choses à part elles ( en elles-mêmes ) ont peot estre leurs poids , mesures et conditions; mais au dedans, en nous, l'ame les leur taille comme elle l'entend... U ^anté, la conscience, l'auctorité, la science, la richesse, la beaHté et leurs contraires se despouillent à l'entrée et receoivent de l'ame nouvelle vesture et la teinctnre qo'il luy plaist... Nostrei>ien et nostre mal ne tient qu'à nous» Nicolas Pasquier a rendu la même idée avec pne certaine énergie (^Lettres, 1, 19] : ce La vérité est que chascuo est le forgeron de son bien et de son mal , et comme disoit quelqu'un : Mores cuiquesui fingunt forlwnam. n Oo peut voir dans les Observations de Wyttenbach , 1. 1, p. î?*» 775, rindication des textes anciens où ces considérations sont développées.

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