S'aflliger..., Ronsard, dans les Amours de Cassandre
.... Aussi je n*ay envie
De me douloir
tf Se douloir , se condouloir d'un malheur est fort bien dit,» remarquait Vaugelas ( édit. citée, t. ii, p. 2T7); mais presque aussitôt il ajoutait : c< Cette façon de parler n'estptus néanmoins du bel usage. » Condoléance lui semblait un étrange mot ; il a vécu , protégé par Bouhours. On sait que La Bruyère , au chap. xiv de ses Caractères , se demande pourquoi a deuil ne fait plus se douloir, se condouloir. — C'est, remarque Thomas Corneille dans ses notes sur Vaugelas, que ce verbe , quoique employé par plusieurs excellens auteurs modernes, n'a plus été reçu à ia cour. y>
4. Esbahir, s'esbahir, être surpris ; esbahi, tout étonné : termes bien expressifs qui nous échappent.
VOLONTAIRE. fl
million de millions d'hommes servir misérablement, ayans* le col sous le joug, non pas contraints par une plus grande force, mais aucuuement^ (ce semble) enchantez et charmez par le seul nom d'un, duquel ils ne doibvent ny craindre la puissance, puis qu'il est seul, ny aymer les qualitez, puis qu'il est en leur en-
1. Les participes présents étaient alors déclinables, règle donnée par toutes les grammaires du xvi» siècle : voy. Jacques Dubois, dit Sylvius, p. 128 de sa Grammaire latine- Trançoisc, i531; Robert Etienne, p. 82 de la deuxième édit. de sa Grammaire Françoise (1569; la première, conforme en ce point à la seconde, est de 1558) ; Ramus, p. 180 de la deuxième édition de sa Grammaire, qui fut publiée en 1S72. Vaugelas fut le premier au xviie siècle qui , dans its Remarques , 1647, déclara que le* participe en anl, lorsqu'il a le régime du verbe, ne se décline pas. En 1656 paraissaient les premières Provinciales, et dans cette phrase seulement on y trouvait le participe présent décliné : a Je les lui olTris tous ensemble, comme ne faisans qa'nn même corps et n'agissans que par un même esprit;» première Lettre, au milieu. En 1660, Arnauld, dans sa Grammaire générale , posa comme règle Tinvariabilité du participe; et par sa décision du 3 juin 1679, consignée dans ses registres , TAcadémie, française ^donna à cette règle force de loi.
2. En quelque sorte... L'ancienne, la véritable acception de attcun ( aUquis ) c'est quelque , quelqu'un. «Lliomme, dit Charron, de la Sagesse , 1,8, est singulier en aucunes choses par dessus les animaux, et en d'antres les bestes ont le dessus : » — tu Aucuns des nostres Tont ainsi jugé...» Montaigne, Ess, 1. II, c. 12. De là Molière, dans le Malade imaginaire, act. III, se. 7; «U y en a aucunes qui prennent des maris...» Encore au- Jonrdlial cette acception primitive d'aucune, est autoriiée par le Dictionnaire de VAcadémie : aucuns diront , aucuns croiront...
droict* inhumain et sauvage. La foiblesse d'entro nous hommes est telle : il faut souvent que nous obéissions k la force, il est besoing de temporiser, on ne peut pas tousjours estre le plus fort. Doncques si une nation est contrainte par la force de la guerre de servir à un, comme la cité d'Athènes aux trente tyrans, il ne se faut pas esbahir qu'elle serve, mais se plaindre de l'accident : ou bien plus tost ne s'esbahir ny ne s'en plaindre, mais porter le mal patiemment, et se reserver k l'advenir à meilleure fortune.
Nostre nature est ainsi, que les communs debvoîrs de l'amitié emportent une bonne partie du cours de nostre vie : il est raisonnable d'aymer la vertu, d'estimer les beaux faits, de cognôistre le bien, d'où lon^ l'a receu, et diminuer souvent de nostre ayse, pour augmenter l'honneur et avantage de celuy qu'on ayme et qui le mérite. Ainsi doncques, si les habitans d'un païs ont trouvé quelque grand personnage, qui leur ait