‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 238 sur 293 · A MONSIEUR DE FOIX · texte numérisé non relu

A MONSIEUR DE FOIX

>IYSE1LL£B DU BOY EN SON CONSEIL PRIVIÉ , ET AMBASSADEUR DE SA MAJESTÉ PBES LA SEIGNEU- RIE DE YENISE.

Monsieur, estant à mesmes de vous recomman-

1. Ce fut l'un des hommes les plus remarquables, Tun is plus complets et des plus dignes représentants

1 xyV siècle. Sorti de Tillustre maison des comtes de m, il appartenait à cette élite de personnages verleux et habiles qui luttèrent siénergiquement contre les albeurs publics^ c'était un ami de L'Hospital: comme i il puisait dans les lettres, avec des lumières pour son prit, de nouvelles forces pour son àme.Il avait, de son épole , le goût curieux de l'érudition et l'ardeur infatigable >ur l'étude : on peut voir dans les Mémoires de l'historien eThou^liv.I, combien ses loisirs mêmes étaient précieuiment occupés. Un seul mot suffirait à son éloge : a Je

2 le quittais jamais, a dit celui-ci, sans me sentir meilvr et plus disposé à pratiquer la vertu. » Versé dans la tiilosophie de Platon et d'Aristote, Paul de Foix ne le fut is moins dans la science des lois et l'art des négociaons. Tour à tour ambassadeur en Ecosse^ en Angleterre, 1 Italie et à Venise, il mérita bien, surtout dans cette Brnière mission , de son roi et du pays. Par une juste ^compense de ses éclatants services , il venait d'être ommé archevêque de Toulouse, lorsqu'il mourut en S84, à Rome, dans des sentiments de piété conformes à ^ vie ; il avait 56 ans. Entre les Lettres de Pasquier, on Q remarque deux qui lui sont adressées. Tune, a pour Ki recommander un sien fils, y^ l'autre, où « il loue et îmercie Dieu de quoy ce seigneur a esté receu et promeu l'archevesché de Tolose;» VII, 1 et 4.

der et à la postérité la mémoire de feu Estienne de La Boëtie, tant pour son extrême valeur que pour la singulière affection qu'il me portoit , il m'est tombé en fantasie *■ combien c*estoit une indiscrétion de grande conséquence et digne de la coerction^ de nos loix, d'aller, comme il se fait ordinairement, desrobbant à la vertu la gloire , sa fidèle compaigne , pour en estrener' , sans chois et sans jugement , le premier venu , selon nos interests particuliers : veu que les deux resnes principales qui nous guident et tiennent en office, sont la peine et la récompense, qui ne nous touchent proprement, et comme hommes , que par Thonneur et la honte , d'autant qw celles ici donnent droictement à Tame , et ne se goustent que par les sentimens intérieurs et pins nostres : là où les bestes mesmes se voyent aucunement capables de toute autre recompense et peine corporelle. En oultre, il est bon à veoir que la ooustume de louer la vertu, mesmes de ceux qui ne sont plus, ne vise * pas à eux , ains qu'elle fait es* tat^ d'aiguillonner par ce moyen les vivans aies

1. DaDS Tesprit, dans rimaginatioD : fanUuy, en ibglais, a conserré ce sens. Autrefois fanlasliquer, imagîDer, fantasier, chagriner; fanlasieux, d'où fantasque, capricieux.

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