‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 241 sur 293 · Ne saurait-on nier, s'empêcher de reconnaître · texte numérisé non relu

Ne saurait-on nier, s'empêcher de reconnaître

9. Montaigne revient à cette pensée dans les Essais : «( C'est un vilain vice que le mentir , et qu^un ancien peint bien honteusement, quand il dit que c'est donner tesmoignage de mespriser Dieu, et quant et quant de

Quant à ce personnage de qui je vous parle, monsieur, il m' envoyé bien lolng de ces termes : car le danger n'est pas que je luy en preste quelqu'une*, mais que je luy en oste ; et son malheur porte que, comme il m'a fourny, autant qu'homme puisse, de tresjustes et tresapparentes occasions de louange, j'ay bien aussi peu de moyen et de sufOsance pour le luy rendre : je dis moy, à qui seul il s'est communiqué jusques au vif, et qui seul puis respondre d'un million de grâces , de perfections et de vertus qui moisirent oisives au giron d'une si belle ame, mercy à^ l'ingratitude de sa fortune. Car la nature des choses ayant , je ne sçay comment , pennis que la vérité , pour belle et acceptable qu'elle soit d'elle mesme , si ne l'embrassons nous qu'infuse * et insinuée en nostre créance par les outils de la persuasion, je me treuve si fort desgarny et de crédit pour auctoriser mon simple tesmoignage, et d'éloquence pour l'enrichir et le faire valoir , qu'à peu a il tenu que je n'aye quité là tout ce soing, ne me restant pas seulement du sien par où dignement je puisse présenter au monde au moins son esprit et son sçavoir.

De vray, monsieur, ayant esté surprins de sa destinée en la fleur de son aage , et dans le train d'une tresheureuse et tresvigoreuse santé , il n'avoit pensé à rien moins qu'à mettre au jour des ouvrages qui deussent tesmoigner à la postérité quel il estoit

craindre les hommes.... Or que peut on imaginer plosTÎlain que d'estre couard à i'endroict des hommes etbraTe à l'endroict de Dieu? » II, 18. Cf. /ôid., I, 9 ; etCharroD, Sagesse, III, 10.

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