‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 247 sur 293 · POÉSIES DIVERSES · texte numérisé non relu

POÉSIES DIVERSES

Marguerite de Carie*, sur la traduction des plaintes de Bradamant, au xxxii* citant de Loys Arioste *.

Jamais plaisir je n'ay prins à changer En nostre langue aucun œuvre estranger * : Car à tourner d'une langue estrangere,

1. J'ai analysé cette pièce dans les Eludes sur LaBoëtie, 138 et suiv. Un ton facile et enjoué , beaucoup de bon ns, assaisonné de beaucoup d'esprit, méritent à ces ifs un rang distingué entre les compositions de notre auur et même entre celles du wv siècle. Naturels, aisés vrais, ils attestent, en particulier, combien le talent de I Boëtie était propre à la poésie légère.

2. On peut consulter les Eludes citées , p. 137^ 144 et )5, au sujet du Roland furieux , et en particulier du igment traduit par La Boëtie. — Vers la même époque, laucoup d'autres s'appliquèrent à reproduire quelques ûsodes du poëme de TArioste, populaire dès sa naisnce : Taillemont, a le conte de l'infante Genièvre » jon , 1546) ; Berenger de La Tour, une imitation de listoire d'Isabelle et Zerbin (Lyon, 1558); Loys d'Orans, A. de Baïf, Phil. Desportes et Nie. Rapin, divers lants réunis par Lucas Breyer (Paris, 1572); enfin aillaume du Peyrat s'exerça sur le même morceau que 1 Boëtie (Tours , 1593). Parmi les tragédies de Garnier, 1 compte une Bradamanie : v. Pasquier, Bec, de la rance, VII, 7,

3. Jusqu'au milieu du xvii* siècle, le mot œuvre dans i sens était employé au masculin : a Au singulier, dit

La peine est grande et la gloire est légère. J'aymetrop mieux demoy mesmes^ escrire Quelque escrit mien, encores qu'il soit pire. Si mal j'escris n'ayant prins de personne, A nul qu'à moy le blasme je n'en donne. Si j'ay honneur à cela que j'invente, De cest honneur tout mien je me contente: Garde mes vers quelque honneur qui me vienne, Prou* grande elle est*, puis qu'elle est toute mioi Un bien tout clair je l'ayme d'avantage, Que je ne fay un grand bien en partage*.

Vaugclas, Remarques, 1. 1 , p. 165, quand il signifie Im ou volume j ou quelque composition, il est mascnliD : un bel (Buvre.ïi Toutefois Marot, Amyot et le président Fauchet Tavaient fait déjà féminin, et peu après on ne devait plus loi donner qae ce dernier genre.

1. Mesmes est pris ici adverbialement : de là cette orthographe que l'on retrouve encore au xyii* siècle. Boileau, dans ses épitresYIII et X :

Déjà le mauvais sens reprenant ses esprits S'empare des discours, mesmes académiques....

Que si mesmes un jour le lecteur gracieux....

Au reste, comme on le verra dans la traduction du fragment d'Arioste, on ne faisait pas difficulté d'ôter cette s, quand elle était gênante pour la mesure on poarla rime.

2. Assez : Montaigne a dit, en se serrant de ce motdaos le même sens : « Les princes me donnent prou, sUlsnc m'ostent rien. » III, 9.

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