Souvent aussi on écrivait povre^. Voy. sur l'orthogra
nations opiniastres en vostrc mal, et aveugles en vostre bien , vous vous laissez emporter devant vous le plus beau et le plusclair de vostre revenu, piller vos * champs, voler vos maisons , et les despouiller des meubles anciens et paternels ! vous vivez de sorte que vous pouvez dire que rien n'est k vous. Et sembleroit que meshuy ^ ce vous serait grand heur', de tenir à moitié vos biens , vos familles et vos vies 5 et tout ce degast, ce malheur, ceste ruine vous vient non pas des ennemis , mais bien certes de l'ennemy, et de celuy que vous faites si grand qu'il est, pour lequel vous allez si courageusement h la guerre, pour la grandeur duquel vous ne refusez
phe et la prononciation de ce mot, le Thresor de Nicot, p. 500.
1. On écrivait alors également vo« et voz : c'est ainsi que dans la plupart des pluriels, les lettres s et z se plaçaient à peu près indifféremment l'une pour Tautre, confusion qui devait durer jusqu'à la fin du XYiiie siècle : Voy. à ce sujet V Acheminement cité de Masset.
2. Nicot remarque qu*il vaudrait mieux écrire maishuy, tout ainsi que huymais, non, jamais aujourd'hui : d'où désormais {mais, dans l'ancien sens de plus [magis], pas davantage, et huy pour aujourd'hui). On dit encore par un souvenir de cette acception originelle : a Je n'en puis maiSyYi je ne peux rien. «Meshuy, observe Vaugelas, 1. 11, p. 456 , n'est plus en usage... Il Tant néanmoins avouer qu'U est très-doux et très-agréable à l'oreille. »
3. c( Heur est fortune, dit Nicot : car sans addition, il se prend toujours en bonne part. » La Bruyère, c. 14 , regrettait ce mot : « Beur se plaçoit , dit-il , où bonheur ne sauroit entrer; il a fait heureux , qui est si françois, et il a cessé de l'être. »
point de présenter à la mort vos personnes. Celoy qui vous maistrise tant n'a que deux yeux, fl'a que deux mains , n'a qu'un corps, et n'a autre chose que ce qu'a le moindre homme du grand nombre inflny de nos villes, sinon qu'il a * plus que vous tous, c'est l'avantage que vous luy faites pour vous destruire. D'où a il prins ^ tant d'yeux d'où vous espie il , si vous ne les luy donnez? Comment a il tant de mains pour vous frapper , s'il ne les prend de vous ? Les pieds dont il foule vos citez , d'où les a il , s'ils ne sont des vostres ? Ck)mme a il aucun pouvoir sur vous, que par vous autres mesmes? Comment vous oseroit il courir sus, s'il n'avoit intelligence avec vous? Que vous pourroit il faire, si vous n'estiez receleurs du larron qui vous pille , complices du meurtrier qui vous tue , et traistres de vous mesmes^? Vous semez vos fruicts, k fin qu'il en face le degast ; vous meublez , remplissez vos maisons , pour fournir h ses voleries ; vous nourrissez vos filles , k fin qu'il ait de quoy saouler * sa luxure ^ vous nour-