‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 50 sur 293 · Qui écoutent volontiers les chimères de leur imagi · texte numérisé non relu

Qui écoutent volontiers les chimères de leur imagi

o6 DE LA SERVITUDE

ne peuvent juger de veue. Ainsi tant de nati

qui furent assez long temps sous cest empire s

rien, avec ce mystère s'accoustumerent k se

et servoient plus volontiers * , pour ne sçs

(juel maistre ils avoient, ny k grand' peine

en avoient -, etcraignoient tous, a crédit, un

personne n'avoit veu. Les premiers roys

gypte ne se monstroient guieres , qu'ils ne

tassont tantost une branche, tantost du fei

la teste, et se masquoient ainsi, et faisoieœ

basteleurs ^ et en ce faisant, par l'estrangei

la chose, ils donnoient k leurs sujets qm

révérence et admiration ' : où aux gens

n'eussent esté ou trop sots ou trop asse

ils n'eussent appresté (ce m'est advis) î

passetemps et risée. C'est pitié d'ouïr parh

combien de choses les tyrans du temps j

faisoient leur proufit, pour fonder leur tyrai

de combien de petits moyens ils se serv

grandement, ayans trouvé ce populas fait à

poste', auquel ils ne sçavoient tendre filet, i

ne s'y vinssent prendre , duquel ils ont eu

jours si bon marché de tromper, qu'ils ne

subjectissoient jamais tant que lorsqu'ils

mocquoient le plus.

nation... Cet adjectif n'est pas donné par Nicot, e crois pas qu'il se trouve dans Montaigne.

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