‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 54 sur 293 · Tollere) enlever, supprimer · texte numérisé non relu

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5. Ronsard a exprimé sur lui, dans les vers suivants, l'opinion de son siècle :

II n'y avoit François, tant fust il bien appris

Qui n'honorast mes chants et qui n'en fust espris.

Antoine de Baïf ftit Tinventeur des vers métriques , Joachim du Bellay est particulièrement célèbre par ses

cela avancent bien tant notre langue, que j'ose espérer que bien tost les Grecs ny les Latins n'auront guieres pour ce regard devant nous, sinon possible que le droict d'aisnesse*.Et certes je ferois grand tort à nostre rhythme* (car j'use volontiers de ce mot, et il ne me desplaist), pour ce qu'encores que plusieurs l'eussent rendue mechanique ^ ( toutesfois je voy assez de gens qui sont îi mesmes pour la r' anoblir et luy rendre son premier honneur), mais je lui ferois, dis je, grand tort de luy oster maintenant ces beaux contes du roy Clovis, ausquels desjà je voy, ce me semble, combien plaisamment , combien à son ayse s'y esgayera la veine de nostre Ronsard en sa Franciade^ . J'entens sa portée, je cognois l'esprit aigu,

AnliquUez de Rome, V. sur ces poètes Pasquier, Recherches de la France, VII, 7.

1. Cf. Pasquier, tô.. Vil, 11; du Bellay, Défense et Hluslralion de la langue françoise^ 1, 12.

2. Ce mot d'où l'on faisait dériver rime, ( v. Henri Estienne^cîe la Precellence, p. 14, etNicot, au mot rtme), que l'on prenait même quelquefois dans cette acception, est employé ici comme synonyme de poésie ; il était alors du genre féminin : ce Quant à la rhyihme, dit du Bellay, onv. cité. II, 7, je suis bien d'opinion qu'elle soit riche, pour ce qu'elle nous est ce qu'est la quantité aux Grecs et aux latins. » Cf. id, V, 8.

3. Mechanique (de machine ou peut-être aussi de me^ c/iin«, chambrière), bas, dégénéré. On s'étonne que cetadjectif,alors fort souvent employé,ne se trouve pas dans Nicot.

4. Ce poëme, écrit en vers de dix syllabes, Ronsard l'avait commencé fort jeune, afin qu'on ne pût reprocher à la France de manquer d'un poëme épique : il devait lui donner vingt-quatre chants ; mais il s'arrêta après le quatrième , mécontent de la cour dont les récompensef

je sçay la grâce de l'homme. 11 fera ses besongDes de l'oriflan, aussi bien que les Romains de leurs anciles et des boucliers du ciel en bas jectez, ce dit Virgile \ Il mesnagera' uostre ampoule, aussi bien que les Athéniens leur panier d'Eri^ sicthone' . Il se parlera de nos armes encoresdans la tour de Minerve. Certes je serois oultrageux de vouloir desmentir nos Kvres, et de courir ainsi sur les terres de nos poètes. Mais pour revenir d'où je ne sçay comment j'avois destoumé le fil de mon propos, a il jamais esté que les tyrans, pour s'asseurer, n'aient tousjôurs tasché d'accoustumer le peuple envers eux, non pas seulemeut à l'obeïssance et servitude , mais encores à dévotion? Doncques cequej'ayditjusques ici, qui apprend lesgens k servir volontiers, ne sert guieres aux tyrans, que pour le menu et grossier populaire. Mais maintenant je viens, k mon advis, k

étaient , à son gré , trop rares et trop peu fructueuses ; c'est ce qu'il exprime plaisamment dans une de ses odes:

Or adieu donc, prince Francus,

Ta gloire sous tes murs vaincus

Se cachera tousjôurs pressée,

Si à ton nepveu nostre roy

Tu ne dis qu'en Thonneur de toy

11 face ma lyre crôssee.

En d'autres termes il demande qu'on le fasse évéque : or, le roi fut sourd à son désir, et la Franciade demeura ioacbeyée.

1 Et lapsa ancilia cœlo. jEn,,\lU, 664.

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