Cicéron , de Offims, II , 25 : « A Catone sene quum
<|Qsreretur quid maxime in re familiari expediret, res-
pondit : bene pascere ; quid secundum ? Satis bene pas-
«i^e,quid lertium? Maie pascere; quid quartum?i4rare.y>
ff. Pline, UisL nal,, XVIII, 8; Columelle, VI, prœl^al.
lii LA MESNAGERIE
leur maÎD , en les exerceant par l'effort de leui bras ^ et ceux aussi qui Tentretieunent par 1 soing et soucy, les faisant vaillamment s'esveilk (le bon matin , et les contraignant de marclu au grand pas, pour aller veoir leurbesongne : cî aussi bien aux champs qu'à la ville, tousjoursc qu'on fait de bonne heure est le mieux fait, ( le plus a propos. D'avantage, si on veut secouri son païs a cheval, c'est a l'agriculture de le noui rir : si a pied , elle fait les membres forts et ro bustes. Encores elle convie d'aymer la peine d la chasse, de tant que la terre baille le moyei de nourrir ayseement lesehiens de chasse, etd mesmes nourrit aussi les bestes sauvages. Etpui les chevaux et les chiens , pour le bien qu'ils ti rent de l'héritage, luy en font aussi pour recom pense a leur tour : le cheval portant de grani matin le maistre, qui en a le soing, k la visite è la besongne, et luy donnant moyen de s'en re tourner le soir ; les chiens en destoumant le bestes sauvages des fruicts et du bestail, k e qu'ils ne soient endommagez, et tenant en s^ reté le lieu champestre , solitaire et escarté. E certesla terre donne quelque cœur, ce me semble à ses laboureurs , de défendre le pais avecque les armes, de tant qu'elle met ses fruicts commi un pris au milieu du jeu, pour le vainqueur*. 0 quel mestier rendroitles artisans plus adroicUi
1. Mot à mot : en ce que les fruits de la terre placé au milieu, «.-à-d. hors de Tenceinte des murailles, son à la disposition du plus fort qui veut s'en emparer.
cottrir, k tirer, à saulter, que l'agriculture ? et quel art recompense mieux les ouvriers de la peine qu'on y prend? Quelle recueille mieux, ny plus joyeusement , celuy qui a soing d'elle , que caste ci , qui luy met k main , quand il la vient veoir , tout ce qu'il luy faut ? Quelle fait plus grand'chere, ny plus libéralement, aux amis de son maistre ? Où est on mieux k son ayse pour hyremer avecques beaux grands feux, et les estnves bien chaudes ? Où y a il plus grande commodité de passer l'esté qu'au village , avecques les belles fontaines, et les petits vens gracieux, et les ombrages? Quelle fait offrande aux dieux de ses prémices plus séante et mieux convenable ; quelle fait plus de festes en leur honneur ^ quelle est plus aymable aux serviteurs, plus plai- Qnte k la femme , plus désirable aux enfans , plus gracieuse aux amis? De ma part je treuve estrange s'il y a quelque homme bien nay , qui ait aucun bien auquel il prenne plus de plaisir qu'k son champ , ou s'il treuve aucun exercice ^s plaisant que cestuy ci , ny plus proufitable pour la vie. Encores y a il bien mieux ; car la terre de son gré enseigne de vivre justement àeeuxqui le sçavent comprendre * : car ceux qui