PRÉFACE. XXI
coihparajson des manuscrits et des anciennes édi« tions, faite par un*homme tel que La Monnoye, devait donner d'excellents résultats. J'ai reproduit scrupuleusement, sauf deux ou trois exceptions indiquées dans les notes, le texte tel qu'il a été arrêté par lui, et ce texte est assurément le meilleur qu'on ait donné jusqu'à présent.
La Monnoye ne se contenta pas de revoir le texte de l'édition de 1723. Il y ajouta de sa main divers morceaux qui n'avaient pas encore été publiés, et qui ont paru pour la première fois dans l'édition Prompsault. Mais il ne put faire le choix des poésies qu'il voulait joindre aux œuvres de Villon. Pour répondre de mon mieux à son plan, je donne à la fin du volume dix-sept pièces tirées du Jardin de plaisance, M. Campeaux en avait publié un plus grand nombre : j'ai fait un clioix dans son choix, et si les pièces que je donne ne sont pas de Villon, elles sont au moins de son école, et souvent dignes de lui.
Pour toute la partie du texte établie par La Monnoye, je n'avais qu'une chose à faire : suivre la leçon adoptée par lui. A l'égard des pièces dont il ne s'était pas occupé, j'af dû agir autrement: je les ai revues sur ^les manuscrits et les éditions «riginales.
 défaut des notes historiques et critiques promises par La Monnoye, et sans avoir la prétention de les suppléer, je donne à la suite du texte quelques renseignements qui m'ont paru nécessaires, puis un Gïossaire-IndeXf dans lequel j'ai tenté d'expliquer les mots vieillis, de donner des renseignements sur les personnes et les choses. S'il n'a pas d'autre utilité, ce travail servira du moins de table.
Une édition 'de Villon n'est pas facile à faire. J'ai largement mis à profit les travaux de mes devanciers, et je me plais à le reconnaître. J'aurais
pli feféyèf tnèâ àêh Briêfiti : )^ taé suie contetité dé lès corriger. Je ctoi& que cette édition vaut tnieul que celles qui l'ëfit ptécéAéë, D^ehiirèft tlehdfofit après ifiôi qui ^érôiit ttiiëut. J'ai tru ft^éétii d« leur ionhét htcTApÏB dé t^lildiilgëiiée;
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REMARQUES PHIl^OLOGIQUP.
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U langue ^c Yjllof^ p$t efiçpre }a yjf îlje çt feçnnc langue française, richç éf !^lp}ple| ç}|}r^, |iaiufe)lÇy ^ l'allure vjyp et franch^. C'est Cfiççre }a langue des fabliaux, a§§oj4plîej ifjf^&is prèçqpç (çnti^rernent préservée de l'jpv^s^on dè^ pàot^ pédanteSQues forgés dans la seconde ipQÎtifS d^ XY^ sij^çle. Le Glossaire, dpnt rjé^endi^e es| gr^nfle relativement à celle du livre, n'offre qu^^n peti| nombre dç ces mots. En revanche, ;1 en cont;en^ beaucoup d'autres dont ]^ perte est re^fettable^
Villon était très-sévère pour la rime? Aussi, lorsque nous rencontrons à la fin de ses vers quelque chose qui nous paraît anormal, nous devons nous garder de Pexplic][uer par une négligence du poôte. Il faut chercher d'autres raisons ; cela peut amener des observations intévessantest
Par exemple, lorsqu'il fait rimer e avec a (i), cela prouve, ainsi que Marot l'a remarquff, que Villon prononçait, à la parisienj^e, a pour f .
Lorsqu'il fait rimer oi, oy, avec ai, ay^ é (2), cela prouve que ce que nous appelons la diphthongue oi se prononçait é ou è.
S'il fait rimer Changon, Nygon, escourgon, avec donjon (3), c'est que, dans certains cas, le g se prononçait J.
(i) Robert^ haubert ^ avec plutpart ^ pouvart (p. ix et 13) ; Là Barrcy feurre, avec terrCy querre (p. 14) ; appert avec part, despart (p. 44),' etc.
(3) Chollet avec souloit (p. 14); exploict^ avec lai^ (p. 17); mqxne, essoyne, royne, avec Petite (p. 34), etc.
(3) Pages 13 et i3.