‹ Œuvres complètes: suivies d'un choix der poésies de ses disciplesChapitre 46 sur 106 · BALLADE VILLON · texte numérisé non relu

BALLADE VILLON

Je meurs de soif auprès de la fontaine, Chauld comme feu, et tremble dent à dçnt »

En mon païs suis en terre loingtaine; Lez un brazier friçonne tout ardent; Nu comme ung ver, vestu en président; Je ris en pleurs, et attens sans espoir j Confort reprens en triste desespoir ; Je m'esjouys et n'ay plaisir aucfin; Puissant je suis sans force et sans povoir.

Bien recueilly, débouté de chascun.

Rien nem'estseur que la chose incertaine, Obscur, fors ce qui est tout évident;

) ne fais, fors en chose certaine;

3 tiens à soudain accident ;

ne tout, et demeure perdent ;

tit du jou r, diz : « Dieu vous doint bon soir ! i

envers, j'ay grant paour de cheoir;

en de quoy, et si n*en ay pas un ;

cte attens, et d'homme ne suis hoir»,

îcueilly, débouté de chascun.

ensn'aysoing, simetztoutemapaine erir biens, et n*y suis prétendant; eulx me dit , c'est cil qui plus m'attaine, plus vray, lors plus me va bourdant ; cni est qui me fait entendant cygne blanc que c'est ung corbeau noir ; me nuyst croy qu'il m'aide à povoir, bourae, aujourd'uy m'est tout un.

îns tout; riens ne sçay concepvoir, îcueilly, débouté de chascun.

l'envoi.

ce clément, or vous plaise savoir ntens moult, et n'ay sens nesçavoir; . suis, à toutes lois commun, s je plus? Q.uoy? Les gaiges ravoir, icueilly, débouté de chascun.

Page 1