‹ Œuvres complètes: suivies d'un choix der poésies de ses disciplesChapitre 56 sur 106 · PROBLÈME OU BALLADE · texte numérisé non relu

PROBLÈME OU BALLADE

âu nom de la fortune.

Fortune fuz par clercz jadis nommée, Que toy, Françoys, crie et nomme meurtrièn S'il y a hom ci'aucune renommée Meilleur que toy, faiz user en plastrière, Par povreté, et fouyr en carrière; S'a honte viz, te dois tu doncques plaindre?

lu n'es pas seul; si ne te dois complaindre.

Regarde et voy de mes faitz de jadis, M aints vaillans homs par moy mors et roidiz, Et n'eusses-tu envers eulx ung souUon, Appaise-toy, et mectz fin en tes diz :

Par mon conseil prends tout en gré, Villon !

Contre grans roys je me suis bien armée, Le temps qui est passé; car, en arrière, Priame occis et toute son armée; Ne lui valut tour, donjon, ne barrière.

Et Hannibal, demoura-il derrière?

En Cartaige, par moy, le feiz actaindre ; Et Scypion l'Affricquain feiz estai ndre; Julius César au sénat je vendiz; En Egipte Pompée je perdiz;

^^ mer noyay Jazon en uhg bouUon; ^^une fois, Homme et Rommains ardiz...

*^3r mon conseil prends tout en gré, Villon 1

Alexandre, qui tant fist de hamée, yui voulut voir Testoille poucynière, ^a personne par moy fut inhumée, j^-ïpiiasar roy, en champ, sous la bannière, AUay jus mort; cela est ma manière.

Ainsi i'ay fait, ainsi le maintendray; Autre cause jie raison n'en rendray.

j^olofernes, l'ydolastre mauldiz, Q-U'occist Judic (et dormoit entandiz! ) A ^ son poignart, dedens son pavillon ; Aosallon, quoy! en fuyant suspendis...

^^^ mon conseil prends tout en gré, Villon !

ENVOI

ç ï^ovi;e Françoys, escoute que tu dis :

~ rien peusse sans Dieu de paradiz, P toy n aultre ne demourroit haillon :

p^ï* pour ung mal lors j'en feroye dix :

'^^ï' rtion conseil prends tout en gré, Villon !

BALLADE

^^NtRELES MESDISANS DE LA FrANCE.

p. *^ encontre soit de bestes feu gectans, ^^e Jason vit, querant la Toison dor; ^ transmué d*homme en beste, sept ans,

Ainsi qne fut Nabugodonosor;

Ou bien ait perte aussi grieJF^e et villaine

Que les Troyens pour la prinse d'Heleine;

Ou avallé soit avec Tantalus

Et Proserpine aux infemaulx pallus,

Ou plus que Job soit en griefve souffrance,

Tenant prison en la court Dedalus,

Qui mal vouldroit au royaume de France!

Quatre mois soit en un vivier chantant > La teste au fons, ainsi que le butor; Ou au Grand -Turc vendu argent contant^ Pour estre mis au harnois comme ung tor ^ Ou trente ans soit, conmie la Magdelain^ :

Sans vestir drap de linge ne de laine ; Ou noyé soit, comme mt Narcisus ; Ou aux cheveux, comme Absalon, pendus- Ou comme fut Judas par desperance, Ou puist mourir comme Simon Magus, Qui mal vouldroit au royaume de rrance

D'Octovien puisse venir le temps :

C'est qu'on luy coule au ventre son trésor :

Ou qu'il soit mis entre meules flotans ; En un moulin, comme fut saint Victor; Ou transgloutis en la mer, sans haleine, Pis que Jonas au corps de la baleine; Ou soit banny de la clarté Phœbus, Des biens Juno et du soûlas Venus, Et du grant Dieu soit mauldit à outrance^ Ainsi que fut roy Sardanapalus, Qui mal vouldroit au royaume de France?

ENVOI

ïnce, porté soit des clers Eolus, i forest oïl domine Glocus, rivé soit de paix et d'espérance, îgne n'est de posséder vertus, ^al vouldroit au royaume de France !

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