LE CHÊNE GÉANT
Haut dans le Nord se dressait un chêne géant, — aux vieux temps païens il avait poussé ; — sa cime montait vers le ciel, imposante, ses racines fouillaient profondément le sol. —
Ses branches puissantes, ses rejetons touffus s’étendaient du pôle Nord jusqu’à l’Eider, fier, il couvrait de son ombre le pays de Svea, et couronnait les bords rocheux de la mer de l’Ouest.
Mais les orages du temps ont fondu sur le géant, elles ont brisé le tronc puissant, et au dessus de Nor divisé, déprimé, leur violence a mugi comme des chants funèbres, et les aigles de l’Est, rapaces, ont jeté d’avides regards par dessus les flots de Codan tandis que l’Allemand étendait la main vers la proie qui gisait, comme un mourant, sans défense ! .
Mais l’arbre abattu portait des pousses vivaces,... aisément l’étincelle grandit en flamme !...
Les jeunes se rappellent ce qu’était le vieillard,... et voudraient devenir tels que lui....
Bientôt l’isolé cherchera de nouveau son frère, et lui tendra la main, en ami fidèle,... ils ne seront plus qu’un, ils se fondront ensemble, comme le ciel de la nuit d’hiver et l’aurore boréale !