‹ Œuvres complètes. tome treizième, Les Drames modernes (suite)Chapitre 265 sur 300 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

Si tu t’en vas,... je t’accompagne.

REBEKKA, sourit imperceptiblement , le regarde , et dit en baissant la voix : Oui, viens,... et sois témoin...

ROSMER

Je t’accompagne, te dis-je.

REBEKKA

Jusqu’à la passerelle, oui. Tu ne te risques jamais à y monter.

ROSMER

As-tu remarqué cela?

REBEKKA, tristement , d'une voix brisée.

Oui... C’est là ce qui a ôté l’espoir à mon amour. ROSMER

Rebekka,... maintenant je pose ma main sur ta tête.

(Il le fait.)

Et je t’épouse comme ma vraie femme.

REBEKKA, lui prend les deux mains et pose sa tète penchée contre sa poitrine .

Merci, Rosmer.

(Elle le quitte.)

Et maintenant je m’en vais... de plein gré.

ROSMER

Mari et femme doivent aller ensemble.

REBEKKA

Seulement jusqu’à la passerelle, Rosmer.

ROSMER

Et sur elle également. Aussi loin que tu iras,... je te suivrai. Car maintenant je l’ose.

REBEKKA

Sais-tu en toute certitude... que ce chemin est pour toi le meilleur?

ROSMER

Je sais qu'il est le seul.

REBEKKA

Si en cela tu te trompais? Si ce n'était qu'une illusion? Un de ces chevaux blancs de Rosmersholm?

ROSMER

C'est bien possible. Car nous n'y échappons pas,... nous, les gens d'ici.

REBEKKA

Alors, reste, Rosmer.

Le mari doit suivre sa femme, comme la femme, son mari. REBEKKA

Oui, dis-moi d'abord... Est-ce toi qui me suis? Ou est-ce moi qui te suis?

ROSMER

Nous n'irons jamais jusqu'au fond de cette question. REBEKKA

J'aurais pourtant voulu le savoir.

ROSMER

Nous allons ensemble, Rebekka. Chacun accompagne l’autre.

REBEKKA

Je le crois presque aussi.

ROSMER

Car maintenant nous ne faisons qu'un.

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