‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 71 sur 100 · A LAURE, DUCHESSE D'A · texte numérisé non relu

A LAURE, DUCHESSE D'A

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A le droit de dormir sur la colline sainte, A le droit de dormir à l'ombre des héros ;

Puisque le souvenir de nos grandes batailles Ne brûle pas en eux comme un sacré flambeau; Puisqu'ils n'ont pas de cœur; puisqu'ils n'ont point d'entraiU Puisqu'ils t'ont refusé la pierre d'un tombeau ;

C'est à nous de chanter un chant expiatoire ! C'est à nous de t'ofirir notre deuil à genoux ! C'est à nous, c'est à nous de prendre ta mémoire Et de l'ensevelir dans un vers triste et doux!

C'est à nous cette fois de garder, de défendre La mort contre l'oubli, son pâle compagnon; C'est à nous d'effeuiller des roses sur ta cendre ; C'est à nous de jeter des lauriers sur ton nom !

Puisqu'un stupide affront, pauvre femme endormie, Monte jusqu'à ton front que César étoila. C'est à moi, dont ta main pressa la main amie, De te dire tout bas : Ne crains rien! je suis là!

Car j'ai ma mission ; car, armé d'une lyre, Plein d'hymnes irrités ardents à s'épancher,

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