‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 74 sur 100 · DANS LE CIXETIEKE DE .... ^M · texte numérisé non relu

DANS LE CIXETIEKE DE .... ^M

Là, j'ai dans rôtnbre, as^sis sur des pîortvs UniiKvs. Des éblouissemenls de ravoQS et de fleurs.

Là, le songe idéal qiû remplît ma paupière Flotte, lumineux voile, entre la terre et nous ; Là, mes doutes ingrats se fondent en prière ; Je commence debout et j'achève à genoux ,

Comme au creux du rocher vole Thumble colombe» Cherchant la goutte d*eau qui tombe avant le jour. Mon esprit altéré, dans l'ombre de la tombe» Va boire un peu de foi, d'espérance et d'amour I

ManlSiO.

Mères, l'enfant qui joue à votre seuil joyeux, Plus frôle que les fleurs, plus serein que les cieux, Vous conseille l'amour, la pudeur, la sagesse. L'enfant, c'est un feu pur dont la chaleur caresse. C'est de la gaîté sainte et du bonheur sacré. C'est le nom paternel dans un rayon doré, El vous n'avez besoin que de cette humble flamme Pour voir distinctement dans l'ombre de votre àme. Mères, l'enfant qu'on pleure et qui s*en est aflé. Si vous levez vos fronts vers le ciel constellé. Verse à votre douleur une lumière auguste ; Car l'innocent éclaire aussi bien que le juste ! Il montre, clarté douce, à vos yeux abattus. Derrière notre orgueil, derrière nos vertus. Derrière la nuit noire où l'âme en deuil s'exile. Derrière nos malheurs, Dieu profond et tranquille.

Que l'enfant vive ou dorme, il rayonne toujours ! Sur cette terre où rien ne va loin sans secours. Où nos jours incertains sur tant d'abimes pendent. Comme un guide au milieu des brumes que répandent Nos vices ténébreux et nos doutes moqueurs. Vivant, l'enfant fait voir le devoir à vos cœurs ; Mort, c'est la vérité qu'à votre âme il dévoile. Ici, c'est un flambeau; là-haut, c'est une étoile.

27 mars 1840.

Matelots ! matelots ! vous déploierez les voiles ; Vous voguerez, joyeux parfois, mornes souvent; El vous regarderez aux lueurs des étoiles La rive, écueil ou port, selon le coup de vent

Envieux, vous mordrez la base des statues. Oiseaux, vous chanterez; vous verdirez, rameaux. Portes, vous croulerez de lierre revêtues. Cloches, vous ferez vivre et rêver les hameaux.

Teignant votre nature aux mœurs de tous les hommes. Voyageurs, vous irez comme d'errants flambeaux; Vous marcherez pensifs sur la terre où nous sommes, En vous ressouvenant quelquefois des tombeaux.

Chênes, vous grandirez au fond des solitudes. Dans les lointains brumeux, à la clarté des soirs,

Vieux saules, vous prendrez de tristes attitudes, Et vous vous mirerez vaguement aux lavoirs.

Nids, vous tressaillerez sentant croître des ailes; Sillons, vous frémirez sentant sourdre le blé. Torches, vous jetterez de rouges étincelles Qui tourbillonneront comme un esprit troublé.

Foudres, vous nommerez le Dieu que la mer nomme. Ruisseaux, vous nourrirez la fleur qu'avril dora ; Vos flots refléteront l'ombre austère de l'homme. Et vos flots couleront, et l'homme passera.

Chaque chose et chacun, âme, être, objet ou nombre. Suivra son cours, sa loi, son but, sa passion, Portant sa pierre à l'œuvre indéfinie et sombre Qu'avec le genre humain fait la création.

Moi, je contemplerai le Dieu père du monde, Qui livre à notre soif, dans l'ombre ou la clarté, Le ciel, cette grande urne, adorable et profonde. Où l'on puise le calme et la sérénité 1

5 mai 1839.

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