‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 84 sur 100 · GUITARE · texte numérisé non relu

GUITARE

Je ne sais pas si j'aimais cette dame,

Mais je sais bien Que, pour avoir un regard de son âme.

Moi, pauvre chien, J'aurais gaiment passé dix ans au bagne

Sous le verrou... — Le vent qui vient à travers la montagne

Me rendra fou.

• Un jour d'été que tout était lumière.

Vie et douceur, Elle s'en vint jouer dans la rivière

Avec sa sœur.

Je vis le pied de sa jeune compagne

Et son genou... — Le vent qui vient à travers la montagne

Me rendra fou.

« Quand je voyais cette enfant, moi le pâtre

De ce canton, Je croyais voir la belle Cléopâtre,

Qui, nous dit-on. Menait César, empereur d'Allemagne,

Par le licou... — Le vent qui vient à travers la montagne

Me rendra fou.

< Dansez, chantez, villageois, la nuit tombe.

Sabine, un jour, A tout vendu, sa beauté de colombe.

Et son amour, Pour l'anneau d'or du comte de Saldagne,

Pour un bijou... — Le vent qui vient à travers la montagne

Me rendra fou.

« Sur ce vieux banc souffrez que je m'appuie.

Car je suis las.

Avec ce comte elle s'est donc enfuie !

Enfuie, hélas!

Par le chemin qui va vers la Cerdagne,

Je ne sais où... — Le vent qui vient à travers la montagne

Me rendra fou.

« Je la voyais passer de ma demeure,

Et c'était tout.

Mais à présent je m'ennuie à toute heure.

Plein de dégoût, Rôveur oisif, l'âme dans la campagne,

La dague au clou... — Le vent qui vient à travers la montagne

M'a rendu fou ! *

14 mars 1837.

AUTRE GUITAHK

Comment, di^iaif^nf-iU, Avec nos nacellr'^.

Fuir les aLniaziU?

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Quand tu me parles de gloire.

Je souris amèrement.

Celte voix que tu veux croire.

Moi, je sais bien qu'elle ment.

La gloire est vite abattue.

L'eovie au sanglant flambeau N'épargne cette statue Q'assise au seuil d'un tombeau.

La prospérité s'envole, Le pouvoir tombe et s'enfuit.

Un peu d'amour qui console Vaut mieux et fait moins de bruit.

Je ne veux pas d'autres chosi; Que lOQ sourire et ta voix,

De Tair, de l'ombre et des roses, Et des rayons dans les bois !

Je ne veux, moi qui me voile Dans la joie ou la douleur, Que ton regard, mon étoile!

Que ton haleine, ô ma fleur !

Sous ta paupière vermeille Qu'inonde un céleste jour, Tout un univers sommeille.

Je n'y cherche que l'amour!

Ma pensée, urne profonde, Vase à la douce liqueur.

Qui pourrait emplir le monde, Ne veut emplir que ton cœur !

Chante ! en moi l'extase coule.

Ris-moi! c'est mon seul besoin.* Que m'importe cette foule Qui fait sa rumeur au loin !

Dans l'ivresse où tu me plonges, En vain, pour briser nos nœuds.

Je vois passer dans mes songes Les poëtes lumineux.

Je veux, quoi qu'ils me conseillent, Préférer, jusqu'à la mort,

F'iatiif iLix

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