‹ Œuvres complètesChapitre 3 sur 190 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

!>' jeniie% seigneurs, magnifiquement vêtus, leurs masques à la main,

causent %ur la terrasse.

laBBTTA, GENNARO, tôIu en capitaine; DON APOS-

TOLO GAZELLA, MAFFIO ORSINl, ASGANIO PETRI CCI, OLOFERNO VITELLOZZO, JEPPO LIVBRBTTO.

OLOFERNO.

Nous vivons dans une époque où les gens acconiplifsenl tant d*actions horribles qu*on ne parle plus de

lî LUCRÈCE BORGIA.

celle-là, mais certes il n'y eut jamais événement plus sinistre et plus mystérieux.

ASCANIO

Une chose ténébreuse faite par des hommes ténébreux.

Moi, je sais les faits, messeigneurs. Je les tiens de mon cousin éminentissime le cardinal Carriale, qui a été mieux informé que personne. — Vous savez, le cardinal Carriale, qui eut cette fière dispute avec le cardinal Riario, au sujet de la guerre contre Charles VIII de France?

GENNARO, bâillant.

Ah! voilà Jeppo qui va nous conter des histoires! — Pour ma part, je n'écoute pas. Je suis déjà bien assez fatigué sans cela.

MAFFIO

Ces choses-là ne t'intéressent pas, Gennaro, et c'est tout simple. Tu es un brave capitaine d'aventure. Tu portes un nom de fantaisie. Tu ne connais ni ton père ni ta mère. On ne doute pas que tu ne sois gentilhomme, à la façon dont tu tiens une épée ; mais tout ce qu'on sait de ta noblesse, c'est que tu te bats comme un lion. Sur mon âme, nous sommes compagnons d'armes, et ce que je dis n'est pas pour t'offenser. Tu m'as sauvé la vie à Rimini, je t'ai sauvé la vie au pont de Vicence. Nous nous sommes juré de nous aider en périls comme en amour, de nous venger l'un l'autre

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