‹ Œuvres complètesChapitre 85 sur 190 · GILBERT, FABIA.M · texte numérisé non relu

GILBERT, FABIA.M

FABIAM, revenant.

fjui va là ?

GILBKHT.

On vient d'assassiner un homme.

KABL\M.

Non, un juif.

<;ILBERT.

Oui a tué cet homme?

476 MARIE TDDOR.

FABIANI

Pardieu! vous ou moi.

GILBERT

Monsieur ! . . .

Pas de témoins. Un cadavre à terre. Deux hommes à côté. Lequel est Tassassin? Rien ne prouve que ce soit l'un plutôt que l'autre, moi plutôt que vous.

GILBERT

Misérable! l'assassin, c'est vous.

FABIANI

Eh bien, oui, au fait! c'est moi. — Après?

GILBERT

Je vais appeler les constables.

FABIANI

Vous allez m'aider à jeter le corps à l'eau.

GILBERT

Je vous ferai saisir et punir.

FABIANI

Vous m'aiderez à jeter le corps à l'eau.

GILBERT

Vous ôtes impudent!

FABIANI

Croyez-moi, effaçons toute trace de ceci. Vous y êtes plus intéressé que moi.

GILBERT

Voilà qui est fort !

FABIANl.

Tn de nous deux a fait le coup. Moi, je suis un grand seigneur, un noble lord. Vous, vous êtes un passant, un manant, un homme du peuple. Un gentilhomme qui tue un juif paye quatre sous d*amende; un homme du peuple qui en lue un autre est pendu.

GILBERT

Vous oseriez...

FABIANl.

Si vous me dénoncez, je vous dénonce. On me • mira plutôt que vous. En tout cas, les chances ^sont mé^'alos. Quatre sous d'amende pour moi, la potence pour \ous.

GILBERT

Pas de témoins! pas de preuves! Oh! ma lùlc <\-garc ! Le misérable me tient, il a raison !

FABIANl.

Vous aiderai-je à jeter le cadavre à Feau ?

GILBERT

Vous êtes le démon !

0-.Ib«fft prend !• oorpt par U Utt, Pabiaai par l«.'t pieds; iU lo partent

jutqa'an parapet.

FABIANl.

Oui. — Ma foi, mon cher, je ne sais plus au juste lequel de nous deux a tué cet homme.

Ik dMcaadaal dtrrièrt la l'Umpti, — Pabtaoi reparaît

•» lit. li

ns MARIE TUDOR.

— Voilà qui est fait, fionne nuit, mon camarade. Allez à vos affaires.

Il so dirige vers U maison, et so retourne, Tojant que Gilbert le suit.

— Eh bien, que voulez- vous? quelque argent pour votre peine? En conscience, je ne vous dois rien ; mais tenez.

u donne sa bourse à Gilbert, dont le premier mouvement est un geste de refus, et qui accepte etisuite de l'air d'un homme qui se ravise.

— Maintenant, aliez-vous-en.Ehbien, qu'attendez-vous encore ?

GILBERT

Rien.

FABIANI

Ma foi, restez là si bon vous semble. A vous la belle étoile, à moi la belle fille. Dieu vous garde!

Il se dirige vers la porte de la maison et paraît se dispoi^er d l'ouvrir.

GILBERT

Où allez-vous ainsi?

FABIANI

Pardieu! chez moi.

GILBERT

Comment! chez vous?

FABIANI

Oui.

Quel est celui de nous deux qui rêve? Vous me disiez tout à l'heure que l'assassin du juif, c'était moi, vous me dite 5 à présent que cette maison-ci est la vôtre ?

FABIAM.

Ou cclh* de ma maîtresse, ce qui revient au même.

GILBERT

Rt'pélez-moî ce que vous venez de dire !

FABIAMI.

Ji- dis, Tami, puisque vous voulez le savoir, que rrtte maison est celle d*une belle fille nommée Jane, qui t'^t ma maîtresse.

GILBERT

Et moi je dis, milord, que tu mens ! je dis "que tu t'^ un faussaire et un assassin! je dis que tu es un fourbe impudent! Je dis que tu viens de prononcer là <K*< paroles fatales dont nous mourrons tous les deux, \oià-tu, toi pour les avoir dites, moi pour les avoir riit«*ndues!

FABIA.M

La, la ! Quel est ce diable dliomme?

GILBERT

Jf suis Gilbert le ciseleur. Jane est ma fiancée.

FABIANI

Et moi, je suis le chevalier Amyas Pawlet. Jane est ma maltresse.

Tu mens, te dis-je ! Tu es lord Clanbrassil, le favori d«* la reine. Imbécile, qui croit que je ne sais pas rt-la !

FABIA3ÎI, à pirt.

Tout le monde me connaît donc cette nuit! —

Encore un homme dangereux, et dont il faudra se défaire.

GILBERT

Dis-moi sur-le-champ que tu as menti comme un lâche, et que Jane n*est pas ta maîtresse.

FABIÂNI.

Connais-tu son écriture ?

Il tire un billet de ta poche.

— Lis ceci.

A part, pendant que Gilbert déploie conTaltivement le papier.

— Il importe qu'il rentre chez lui et qu'il cherche querelle à Jane, cela donnera à mes gens le temps d'arriver.

GILBERT, lisant.

« Je serai seule cette nuit, vous pouvez venir. » — Malédiction! Milord, tu as déshonoré ma fiancée, tu es un infâme ! Rends-moi raison !

FABIANI, mettant l'épée à la main.

Je veux bien. Où est ton épée?

0 rage! être du peuple, n'avoir rien sur soi, ni épée ni poignard ! Va, je t'attendrai la nuit au coin d'une rue, et je t'enfoncerai mes ongles dans le cou, et je t'assassinerai, misérable!

FABIANI

La, la! vous êtes violent, mon camarade!

GILBERT

Oh! milord, je me vengerai de toi!

FABIAM.

Toi! te venger de moi! toi si bas, moi si haut! tu r^ fuu ! Jr t'en défie.

GILBERT

Tu m'en défies?

FABIAM.

Uni.

GILBERT

Tu verras!

FABIAM, â part.

Il ne Taul pas que le soleil de demain se lève pour ••••l homme.

iiiit.

— L*ami, crois-moi, rentre chez toi. Je suis fàehé qui- lu aies découvert cela; mais je te laisse la belle. Non intention, d'ailleurs, n'était pas de pousser l'amiurette plus loin. Rentre chez toi.

Il j«tU ua« clef aui picdt de GiUH.<rt.

— Si tu n'as pas de clef, eu voici une. Ou, si tu l'aimes mieux, tu n'as qu'à frapper quatre coups contre c*' vulet, Jane croira que c'est moi, et elle t'ouvrira. Ifc^nsoir.

Il tort.

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