‹ Œuvres complètesChapitre 91 sur 190 · SCENE UJ · texte numérisé non relu

SCENE UJ

Li REINE, GILBERT, SIMON RENARD.

(MLilKllT.

lK:\ant qui suis-je?

SIMON ItL.NAlU).

I><*«aiit la reine.

f.lLUEHT.

Li reine !

LÀ REINE

G*esl bien. Oui, la reine. Je suis la reine. Nous nV vons pas le temps de nous étonner. Vous, monsieur, vous êtes Gilbert, un ouvrier ciseleur. Vous demeurez quelque part par là au bord de l'eau avec une nommée Jane, dont vous êtes le fiancé et qui vous trompe, el qui a pour amant un nommé Fabiano qui me trompe, moi. Vous voulez vous venger, elmoi aussi. Pour cela, j'ai besoin de disposer de votre vie à ma fantaisie. J'ai besoin que vous disiez ce que je vous commanderai de dire, quoi que ce soit. J'ai besoin qu'il n'y ait plus pour vous ni faux ni vrai, ni bien ni mal, lii juste ni injuste, rien que ma vengeance et ma volonté. J'ai besoin que vous me laissiez faire et que vous vous laissiez faire. Y consentez-vous?

Madame...

LA REINE

La vengeance, tu Tauras. Mais je le préviens qu'il faudra mourir, voilà tout. Fais tes conditions. Si lu as une vieille mère, et qu'il faille couvrir sa nappe de lingots d'or, parle, je le ferai. Vends-moi ta vie aussi cher que tu voudras.

GILBERT

Je ne suis plus décidé à mourir, madame.

LA REINE

Comment!

GILBERT

Tenez, majesté, j'ai réfléchi toute la nuit. Rien ne

u «^t prinivé encore dans cette affaire. J'ai vu un ht •mine qui s'est vanté irôtre Tamant de Jane. Qui me •lil ({u'il n'a pas menti? J'ai vu une clef. Qui me dit .|u'mii m* l'a pas volée? J\ii vu une lettre. Qui me dit qu'on ne l'a pas fait écrire de force? D'ailleurs, je ne «^ai^ nii**nii* plus si c'était bien son écriture, il faisait 'luil, j'étais troublé, je n'y voyais pas. Je ne puis donri«T ma vie, qui est la sienne, comme cela. Je ne crois I nen, je ne suis sur de rien. Je n\ii pas vu Jane.

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