CHAPITRE III
Depuis longtemps je désirais revoii' le pays que j'avais p?iFcourp jftdis §i déliçieps^n^ept, et dont la description ne me paraissait pas complète. Quelques e^piis qui l'^v^ienf goûtée ipq sQlUcitaiept de la ppntinuer, ef je rp'y serais der cidé plys tôt s^p^ doute, si je n'piyais p^§ été^épc^pé de p]es pompagnops 4^ voyage. Je reparais \ rpgpet dans la ç^r? rière. Hélq.sl j'y rentrais peul. .^'allais ypyager s^ns pipn çjier ^oflppetti et sans J'.^ipi^ble Rosine, ^à^ premièrp phftip^ffi §llp-ïp^rae ^v^it gpbi Ifi plus dés^stp^use révolution; que dis-j^l elje p'e^istftit plus, spp .epceinte faisait ^lors pî^rtip d'upe horrible inasprp poirçi^ par les flamme^, et tputesi les inyeptiQns meurtrières de la guerre s'étaient réunies ppur la détruira de fond en poipJ)le ^ Le piur ap-
1. Cette diftmbre étaU ^tuée d&os la citad^e defiiru, ot ce noi^-
E^PÉDlTlOiy KOCTURBTE AUTOUR DE MA CB^MBI^^ .67
qupl ^taH suspendu le portri^it ^e H'^'' de ^mU^t^l ^yai^ été périmé pa? upe bpnabe, Pnflq, ^i heureusement je li%y^i^ pAi f^il {non Yoy^g^ avant cette catastrophe, l^ gav^n^ de iie§ jp«r§ p'^ur^ient j.amai§ eu pcjp^^ssanç^ de çptt^ chambra reigapgiiable. (^'est 9insi g»3, sans l3S Qb^rv^tions d'Hipparqiie, ils igi^ppepaiept aujourd'hui qu'ijexisr tait ja4i$ up3 étoile d^ p)u^ 4ans leg p)iia(le§, ^uj est ôi§p^ru^ .depuis pe fameux QstronQf)[^e.
Déjà, foreé pap les pircqpst^npes, j'ay^j^ depuis guelqi^ temps abj^udonné m^ pham^^re et (r^nsport^ mes pénates aill.eu^. I^ mftjheur p'e§t pa^ gran(}, (lip^t-p», Mais Gommmt peinplacep fq^j^fi^ti\ et lio^ine? Ahl £ela n'e§i pas possible. jQaQpettI m'était Revenu si népessa|rd» que 6^ peFte pe sep^ j^fpfûs répja^rée po^p luoi, Qui peut, ^u reste, se flatter 4e viyre t()uJQur«l avec les per^niies q»'U cbésit ? ^mblehle ^ ce^ ess^im^ de i^iopclierons que Von voit tourbiJlofljjer 4§PP N aips pepd^RÎt kp fceîle^ eoirées d'été, les bomjnep se Fexjpo^trent par h^papd et ppyr bie^ peu de temps. Heureux ei^çQpe ^i, 4ltnp leur iQQuyemeQt F?tpi4e, aussi ft4rpi]!* que le§ wpucheppns, Us ne §e ^oippent pas la tAte }e§ U^ cQ9t]?e les feutres I
Je me eau^als uq ^op. Jp^ni^tti nie servait avec sou zèle ûPdinaipe, et p^F^iss^t mênie plus et^entif. {.orsqu'il emporta la lumièfe, je jet«^i les yeux sur lui, et je vis une altératip» marquée ^ur sa physionomie. Pevais-je croire cependant que le pauvre Joannetti me servait poup la dernière foig ? Je ne tiendrai ppint le lecteur dans l'incertitude plus cruelle que 1a vérité, jfe préfère lui dire g^s ménager ment que Juaunelti se iu^r|# 4ans }a nuit fn^m^ e^ n^e quitta le lendemain.
Mais qu'on ne l'aecuse pas d'ingratitude pou» avoir quitté son maître si brusquement. Je savais son intention
veau Toyage fut entrepos quelque temps agrès la prias de e^USi place
68 EXPéOITIOIf ROCTCBIIE AUTOUR DE HA CHAMBRE
depuis longtemps, et j'avais eo tort de m'y opposer. Un officieux Tint de grand matin chez moi pour me donner cette noovelle, et j'ens le loisir, avant de revoir Joannetti, de me mettre en colère et de m'apaiser, ce qui loi épargna les reproches auxquels il s'attendait Avant d'entrer dans ma chambre, il affecta de parler haut à quelqu'un depuis la galerie, pour me faire [croire qu'il n'avait pas peur ; et, s'armant de toute l'effronterie qui pouvait entrer dans une bonne âme comme la sienne, il se présenta d'un air déterminé. Je vis à l'instant sur sa figure tout ce qui se passait dans son âme, et je ne lui en sus pas mauvais gré. Les mauvais plaisants de nos jours ont tellement effrayé les bonnes gens sur les dangers du mariage, qu'un nouveau marié ressemble souvent à un homme qui vient de faire une chute épouvantable sans se faire aucun mal et qui est à la fois troublé de frayeur et de satisfaction, ce qui lui donne un air ridicule. H n'était donc pas étonnant que les actions de mon fidèle serviteur se ressentissent de la bizarrerie de sa situation.
« Te voilà donc marié, mon cher Joannetti? n lui dis-je en riant. H ne s'était précautionné que' contre ma colère, en sorte que tous ses préparatifs furent perdus. Il tomba tout à coup dans son assiette ordinaire, et même un peu plus bas, car il se mit à pleurer. « Que voulez-vous, mon- « sieur? me dit-il d'une voix altérée ; j'avais donné ma « parole. — Eh ! morbleu I tu as bien fait, mon ami ; « puisses-tu être content de ta femme, et surtout de toi- « même ! puisses-tu avoir des enfants qui te ressemblent ! « n faudra donc nous séparer ! — Oui, monsieur ; nous a comptons aller nous établir à Asti. — Et quand veux- « tu me quitter? » Ici Joannetti baissa les yeux d'un air embarrassé, et répondit de deux tons plus bas : « Ma femme a a trouvé tm voiturier de son pays qui retourne avec sa « voiture vide, et qui part aujourd'hui. Ce serait une « belle occasion; mais... cependant... ce sera quand il
c( plaira à monsieur... quoiqu'une semblable occasion se « retrouverait difficilement. — Eh quoi I sitôt ? » lui disje. Un sentiment de regret et d^affection, mêlé d'une forte dose de dépit, me fit garder un instant le silence. « Non, a certainement, lui repondis-je assez durement, je ne vous « retiendrai point ; partez à l'heure môme, si cela vous « arrange. » Joannetti pâlit. « Oui, pars, mon ami, va « trouver ta femme ; sois toujours aussi bon, aussi hon- « note, que tu l'as été avec moi. » Nousftme» quelques arrangements; je lui dis tristement adieu : il sortit.
Cet homme me servait depuis quinze ans. Un instant nous à séparés je ne l'ai plus revu.
Je réfléchissais, en me promenant dans ma chambre, à cette brusque séparation. Rosine* avait suivi Joannetti sans qu'il s'en aperçût. Un quart d'heure après, la porte s'ouvrit; Rosine entra. Je vis la main de Joannetti qui la poussa dans ma chambre ; la porte se referma, et je sentis mon cœur se serrer... Il n'entre déjà plus chez moi I Quelques minutes ont suffi pour rendre étrangers l'un à l'autre deux vieux compagnons de quinze ans. triste, triste condition de l'humanité, de ne pouvoir jamais trouver en seul objet stable sur lequel placer la moindre de ses affections !