‹ Œuvres de A. de Longpérier (volume 2)Chapitre 118 sur 128 · MONNAIE CHARGENT DE PHILIPPE DE ROUVRES · texte numérisé non relu

MONNAIE CHARGENT DE PHILIPPE DE ROUVRES

Ce denier, dit M. do Barthélémy, paraît fort rare, cequîn'a rien d'étonnant, puisque Philippe ne frappa à son nom que de 1360 à 1361.

Un cahier des archives de Bourgogne, analysé par notre savant collaborateur, dit que le roi Jehan fut baillistre diceltd jeune duc, et comme baillistre, et pour ce, et ou nom du dit jeune duc fist forgier et monnoyer en ladite monnoye de Dijon, « Mais, ajoute M. de Barthélémy, ces termes sont fautifs; le roi Jean frappait monnaie en Bourgogne comme tuteur de Philippe P', mais au coin 'royal, ainsi que le prouve non seulement l'usage à cette époque, mais aussi des documents contemporains. En effet, c'est ce qui résulte des chartes données en 1330 et 1334 : dans cette dernière on voit ce passage, qui ne peut laisser aucun doute : « Monelam nostram propriam cudere inceperimus, a tempore quo ballum predictum habuimus, et eodem ballo durante cudere facere întendamus. » On remarque en outre qu'en 1339, la rançon payée par les Bourguignons aux Anglais était comptée en moutons d'or, c'est-à-dire qu'un an avant la majorité de Philippe la monnaie de Bourgogne était au type royal (1). »

Un numismatiste distingué, M. Anselme Durand, conservateur du Musée de Calais, vient d'avoir l'obligeance de nous communiquer, en nous invitant à la publier, une précieuse monnaie d'argent qui nous paraît appartenir incontestablement h Philippe de Rouvres.

Au droit de cette pièce, on voit l'écu de Bourgogne ancien (bandé d'or et d'azur de six pièces à la bordure de gueules) complètement couché et surmonté d'un heaume de face, muni de volets, timbré d'une couronne fleurdelisée, et ayant pour cimier un grand-duc ou chouette et un vol ; la légende circulaire est + MONETA. PHILIPI. DVCIS.

(1) Le roi Jean, au reste, nN^ntendait pas continuer cette fabrication après la majorité de son pupille : « Intentionis nostre non exestit, quod flnito dicto ballo dictam monetam in dicto loco cudroe amplius faciamus^nec quod perhujusmodi actuin cudendi, carissiuio filio nostro Philîppo duci Burgondie vel ejus successoribus aliquid prejudicium generetur, aut nobis vel successoribus nostris Hegibus Francie eju? novum acquiratur. u Dom Plancher» Ifisi, gén, de Bour" gogne^ t. H, preuves, p. ccxxxx.

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