DEPUIS L'INVASION DES FRANCS
jusqu'à la mort de CHARLES LE CHAUVE.
(Extrait de V Annuaire histonque pour l'année 1841, publié par la Société de l'Histoire de France (5« année), pp. 211-230.}
En nous chargeant de rédiger une liste des villes françaises qui ont battu monnaie à leur nom depuis Tinvasion des Francs jusqu'aux premiers temps de la race carlovingienne^ la Société de l'Histoire de France nous fournissait Toccasion de faire un travail très instructif pour nous-mème. et qui pouvait en même temps ne pas manquer d'intérêt pour ceux des érudits qui s'occupent de l'histoire de notre pays sans, toutefois, que leurs études aient embrassé les recherches numismatiques. En effet, ce droit que s'étaient arrogé les villes et les bourgs • de la Gaule, déplacer leur nom sur les monnaies, nous fournit des indications géographiques précieuses à plus d'un lilre. Outre qu'il est curieux de connaître les différentes formes données successivement aux noms de lieux, la présence assez fréquente d'une qualification telle que civitas, casirum, castellum^ viens, mallum, sur les monnaies qui font l'objet de ce travail, nous fait connaître l'importance relative de ces lieux, et nous aide à établir la distinction entre les homonymes. Toutefois, le nombre de noms qui peuvent être attribués à des localités diverses, est encore considérable, et dans ce cas on ne doit se décider qu'en comparant la fabrique de la médaille dont la classification est douteuse avec celles de la province à laquelle on croit pouvoir la rapporter. On conçoit que pour
nS LISTE DES NOMS DES LIEUX
mettre à exécution ce travail délicat, il faut voir toutes les monnaies en nature; et malheureusement, dispersées comme elles le sont dans les nombreuses collections, elles ne peuvent la plupart du temps nous être connues que par des descriptions, et nous avons été forcé de nous en tenir à des documents écrits. On comprendra donc Tespèce de regret qui s'empare de nous au moment de publier un travail que nous savons d'avance n'être pas amené au point où il pourrait être utile absolument. Nous espérons que l'on voudra bien considérer notre liste comme une base qui doit servir à établir un catalogue vraiment irréprochable et à laquelle les corrections ne sauraient être épargnées.
Nous nous sommes servi fort utilement des divers articles insérés dans la Mevue numismatique, par MM. de Saulcy et Cartier, et du Catalogue des Monnaies de Franco de M. Conbrouse.
Outre les trois cent trente villes ou villages dont on trouvera ci-après les noms sous les formes diverses que nous donnent les monnaies, et que nous avons transcrites telles qu'elles s'y présentent, sans chercher à les ramener au nominatif, nous connaissons encore un nombre au moins égal de légendes de monnaies mérovingiennes et carlovingiennes dont jusqu'ici l'attribution géographique reste tout à fait incertaine.
Il existe aussi des monnaies des deux premières races sur lesquelles on lit : In palacio fit, Palatina^moneta, Moneta palati et Racio Domini, Racio Fisci, Les premières doivent leur origine à ces ateliers volants qui suivaient les rois dans leurs voyages, leurs expéditions, et fabriquaient des espèces dans les palais (voy. dans notre liste Compendio palacio, Raucio palacio, etc.)', les secondes émanaient du domaine royal; mais ni les unes ni les autres ne sauraient être attribuées à un lieu certain.
Les monnaies mérovingiennes sont pour la plupart d'or; cependant les pièces d'argent, quoique rares, sont en nombre suffisant pour établir d'une manière irrécusable l'existence d'une émission régulière de deniers de ce métal. Sous les
ou I/ON A BATTU MONNAIK.
carlovîngiens, au contraire, les espèces d'argent ont presque entièrement prévalu, et quelques sous d'une extrême rareté viennent seuls constater la fabrication de Tor pendant la seconde race.
Les Francs avaient pour monnaies réelles : 1* le sou et lo tiers de sou d'or ou iriens, valant le premier 40 deniers, et le second 13 1 deniers d'argent. Il ne parait pas qu'il y ait jamais eu de demi-sous ou semis de frappés, en sorte que lorsqu'il en est question dans les textes il faut toujours entendre 20 deniers d'argent; 2» le denier d'argent qui équivaut à peu près au saiga des peuples qui habitaient les pays au delà du Rhin et au skeatta des Anglo-Saxons.
Leurs monnaies de compte étaient la livre et le sou d'argent.
Au reste, on trouvera de plus amples détails sur la valeur de ces monnaies dans l'excellent travail que M. Guérard a inséré dans la Revue numismatique de 1837. Ce mémoire fait maintenant la base de toutes les recherches qui ont pour but d'évaluer les sommes indiquées dans les textes de nos premières lois, et les découvertes successives de monuments numîsmatiques n'ont fait qu'apporter de nouvelles preuves en faveur des résultats désormais incontestables obtenus par son savant auteur.
Les noms précédés d'un * sont tirés des monnaies cnrlovingicnno*.
Avranches .
Abrenktas Abracatas .
Abrinktas. .
* Abrincas
Acav Acau,
Adeduno vico . . • Ahun.
Agigino X
î^î""^ Agen.
Agiuniis i "
* Agino ; .
Agnetisico Agnets.
•Airaci Aire.
Alaona | Aleaune, près Va-
( . .lognes.
Albiviinsp Alby.
Aleslo Alost?
Alingavias
Langeais?
Alleco
Saint-Malo
Alnavic
Aunou ?
Ambacia
Ambaciaco
Ambacia vico . . .
/Amboise.
Ambacea
Anbacia
Ambianes civi. . .
Ambeanis
Ambeanes
Ambianos
> Amiens.
*Ambiamis civtas
* Ambianis civi . .
Ambrovvic
Embrau ?
Ampliaco
Ampilly ?