‹ Œuvres de A. de Longpérier (volume 2)Chapitre 27 sur 128 · SIMON 6PISC0PVS. Tète mitrée ; devant, une crosse · texte numérisé non relu

SIMON 6PISC0PVS. Tète mitrée ; devant, une crosse

+ MELQ'CIVITAS* Croix cantonnée de deux fleurs de lis et de quatre besànts, deux à deux.

Telle est la dernière monnaie épiscopale meldoise dont l'empreinte soit venue jusqu'à nous. Cependant il paraît certain que les évèques en frappèrent jusqu'au commencement du XIV* siècle.

En 1208, Blanche, comtesse de Champagne et de Brie, conclut avec Geoffroy de Tressy, évéque de Meaux, un traité par lequel ils convinrent de fabriquer en commun, pendant trois années, leur monnaie, dans les villes de Troyes, de Provins et de Meaux. D'après les conditions de ce traité, les deux tiers des bénéfices provenant de cette fabrication devaient revenir à la comtesse, le dernier tiers restant à Tévèque. (Voir la charte citée ; Revue 1839, p. 35.)

Il est probable que la durée de cette société fut prolongée au delà des trois années fixées par la convention, car nons voyons qu'en 1214, Guillaume de Nemours, successeur de Geoffroy, écrivit à la comtesse pour lui offrir de maintenir ce qui avait été consenti /t/^^u'^ t époque convenue avec son prédécesseur.

En 1225, Pierre, évêque de Meaux, ayant fait frapper une

nouvelle monnaie, et défendu le cours de l'ancienne, le roi Louis YIII se plaignit de ce que les habitants de quelques terres de sa mouvance où Tancienne monnaie de Meaux avait cours, n'ayant pas été avertis à temps, ne pouvaient se dé-r faire de cette monnaie décriée, et étaient ainsi gravement lésés dans leurs intérêts. L'évèque promit par une charte (1), qu'à l'avenir lui ou ses successeurs avertiraient le roi quatre mois à l'avance des changements qu'ils voudraient introduire dans la monnaie.

Quatre-vingts ans plus tard, l'évèque de Meaux battait encore monnaie, et le roi Philippe le Bel reçut l'évèque Nicolas à hommage, pour ce droit, ainsi que l'atteste une charte que voici :

Philippus, d. g. Franc, rex, universis présentes litteras inspecturis salut em, Notum facimus quod super monetagio et cursu monetœ^ quos dilectus noster Nicolaus Meldensis épiscopus, per se et ejus predecessores nomine ecclesiœ suœ Meldensis ^ se habere dic^bat, plenius informati; eumdem de dicta moneta et cursu ipsius recepimus in nostrum homagium : pre^ sentes sibi in hujus rei testimonium concedentes^ dantesque omnibus nostris subditis et justitiariis eisdem presentibus in fnandatis, quatenus prefatum episcopum ad modum predecessorum suorum moneta sua et ejus cursu gaudere paci/ici, prout ad eorum quemlibet pertinuerit permittentes, ipsum a modo in prœdictis aliquatenus non impediant aut perturbent. Actum ad Pontisaram prima die septemb., a. d. m cccv ii (2).

Sept mois après, le roi retira à l'évèque le droit de battre monnaie. C'est encore à une chai'te que nous devons la connaissance de ce fait. Voici cette pièce :

Philippus, d. g. Franc, rex, dilecto ac fideli nostro Nicolao episcopo Meldensiy salutem et dilectionem. Cum nos nuper, diligenti deliberatione ^ prœhabita et reipublicœ utilitati pensata, cusionem seu operationem motte tarum Prœlatorum et Baronum quorumlibet regni nostri ad maniim nostra ex causa

(1) Brussel, Usage des fiefs, t. I, p. 200.

(2} Martenne, Ampl. coU.f t. I, col. 4415,

posuerimuSy donec super hoc aliud duxerimus ordinandum; mandamus vobis^ sub fidelitatis vmculo quo nohis astricti tenemi?ii firmiter mjmigentes, quatemis ab hujusmodimonetarum cusione^ visis prœsentibus^ penitus deststatis. Actum Meleduni die xxij marliiy ann, Dni m** ccc** vu© (1).

L'année alors commençait à Pâques, et en 1307 cette fête tombait le 26 mars. Cette pièce a donc été écrite quatre jours avant la fin de Tannée.

En 1315, Tordonnance de Louis X, rendue à Lagny-sur- Marne, fixe le poids et la loi de la monnaie meldoise ainsi qu'il suit :

« Deniers à trois deniers dix grains de loi, argent le roy, de vingt-deux grains de poids, au feur de cent trente-cinq pièces au marc.

« Maille de ladite monnaie ni d. vingt-et-un grains de loy, argent le roy, de vingt-deux grains de poids au poids au feur de H G vni pièces de taille au marc. »

La livre de ces monnaies valait 3 sols 4 deniers de moins que celle de la monnaie royale, en sorte que treize deniers ne valaient que douze deniers tournois, argent le roi.

Le recueil de Duchesne (2) contient la copie d'une pièce extraite du registre des ouvriers monnayers du serment de France, c'est à savoir les lettres-patentes d'Henry , roi de France et d'Angleterre, du 22 janvier 142o, le quart an de son règne, données à Paris. Nous y trouvons après la liste des ouvriers de Paris, celle des ouvriers demeurant en la sénéchaussée de Maulx, au nombre de quarante environ. Presque tous sont des laboureurs domiciliés dans les villages qui entourent Meaux, comme Vareddes, Yverny, Monthyon, Neufmontier ; deux de ces ouvriers sont des habitants de Meaux, Thomas Droynel, tanneur, et Lorin Roquette, huissier. Je ne sais comment ces professions pouvaient être compatibles avec l'emploi d'ouvrier monnayer, à moins que cette dernière qualité ne fût purement honorifique. Au reste, cette question ne

(1) Brussel, Usage des fiefs y t. I, p.. 208.

(2) Duchesne, t. XVHI, p. 185. mss. de la Bib. Royale.

saurait êtrq traitée ici; il ne parait pas qu'il ait jamais été frappé do monnaie royale à Meaux, sous les rois de la troisième race.

Je ne connais point de monnaie obsidionale frappée à Meaux, pendant les sièges célèbres qu'a soutenus cette ville.

Sous Charles VI, en 1420, lorsque Tabbé de Saint-Faron, Philippe deGamaches, se défendit sept mois contre les Anglais, les monnaies obsidionales n'étaient certainement pas encore ejï usage.

Au mois de mai 1589, le sieur de Yillarceaux soutint à la tête des ligueurs, le siège mis devant la ville par les troupes royales ; mais celles-ci furent bientôt repoussées ; d'ailleurs la ville se défendait elle-même, par le secours de ses bourgeois, et sans avoir recours à des troupes étrangères, dont les exigences paraissent avoir donné naissance aux monnaies obsidionales.

Il me reste à décrire quelques méreaux qui ont été frappés pour l'usage de l'église et du chapitre de Meaux. Mon intention n'est pas de discuter ici l'usage des méreaux. Leur valeur et les limites chronologiques que l'on doit leur assigner seront l'objet d'un travail particulier que j'espère publier, s'il plaît à Dieu. En attendant, je renvoie à l'excellente dissertation que M. Hermand a donnée sur ces monuments numismatiques, dans les Mémoires de la société des Antiquaires de la Mortnie (1), et que bien des lecteurs de la Revue connaissent sans aucun doute. (V. la page 90.)

26. AVE MARIA GRATIA. Buste de la Vierge voilée, couronnée et nimbée, et tenant l'enfant dans ses bras.

J^. SSTEPHANVS.illELDEnSIS. AVE dans le champ, entre deux barres. Cuivre. Cabinet de M. Dassy et collection de mon frère.

L'église de Meaux est sous le vocable de Saint-Étienne ; mais elle a toujours eu pour la Vierge une vénération particulière.

Dans des lettres du pape Paschal II, en 1103, et d'Élienne,

{i) T. H, p. 253. V. aussi la Revue Numismatique, 1836, p. 132.

évèque de Meaux, en 1180, les chanoines de cette ville sont appelés : Canonici B. Mariœ beatique protomartyris Stepham; Henry, comte de Champagne, les nomme, en 1152 iCanonici sanctœ Mariœ sanctiqtie Stephani Meldpnsis ecclesiœ (1).

On trouve dans les mémoires manuscrits de Janvier, que j'ai déjà eu occasion de citer (2), le passage suivant : « Décembre. Le jour de la conception de la Vierge, se doit distribuer avec les méreaux de Vave regina^ à chacun chapelain, un soU Le 8, il y a distribution aux petits et grands chapelains seulement, et le jour de la conception; et pour ce un sol et six deniers, cela se rapporte à l'article cy-dessus, car le peu d'as* siduité que font les chanoynes à Téglise contre, leur serment et foy, leur ont fait oster les méreaux (3). »'

Janvier donne les dessins très grossiers de deux méreaux, dont le type est semblable à celui que je viens de décrire, l'un avec la date de 1487, l'autre celle de 1552 (4).

27. SSTEPHANVS MELDED. Globe surmonté d'une croix. ]^. Même légende. Même type. Plomb. Cabinet de M. Dassy. Ce méreau a été trouvé dans un terrain dépendant de l'abbaye de Chaage, prèsMeaux.

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