RATISBONNE
U est peu de villes plus célèbres dans Tantique empire d'Allemagne, plus souvent citées dans les annales politiques ou religieuses que Ratisbonne. Cette ville , qui figure dans Vltinéraire dAntonin et dans la Table théodosienne sous le nom de Reginum, est appelée Castra Regina dans la Notice de l'empire. Il est assez probable qu'elle est d'origine romaine; sa position au centre de la Germanie, sur le Danube, aux abords de la forêt Hercinienne, en faisait une place importante qu'un peuple consommé dans l'art militaire devait apprécier. Cependant il restera toujours difficile à détenniner si Castra Regina est la traduction d'un nom germanique primitif ou si Regensburg a succédé au nom latin. Dans tous les cas on y reconnaît l'indication du voisinage de la rivière Regen (Reginus). Charlemagne établit un évêché à Ratisbonne qui devint un poste avancé du christianisme. On ne sait trop sur quels témoignages se fondait le pape Léon III lorsque, dans une bulle, il consacrait une tradition relative à la fondation de Ratisbonne par Tibère : Jiixta muros, dit-il, Tibumi^ civitatis, quœ a Tiberio Cœsare Augusto œdificata est ; quœ modo
monnaie d'autant plus précieuse que Ton n'en connaît pas d'autre frappée par les Carlovingiens dans l'AlIeniagne intérieure (2).
Les monnaies mérovingiennes frappées à Strasbourg portent la légende Stradiburg, et Grégoire de Tours mentionne, en effet, plusieurs fois cette ville sous son nom germanique (3) ; sur un denier de Louis le Débonnaire on lit STRA- TBURGUS, tandis que sur ceux de Louis de Germanie (900- 912), de Cbarles le Simple (912-923), de Henri TOiseleur (923-936), on trouve : ARGENTINA CIVITAS (4), par une sorte de retour aux idées classiques. Les monnaies de Ratisbonne
(1) On trouve ce nom orthographié Raganesburg dans la Chronique de Moissac {Hist, de Fr., t. V, p. 12, 13), dans une charte de Charlemagne {Hisi, f^c Fr., t. V, p. loi); — Ragenisburg dans une charte du môme empereur [Hist, de Fr., t. V, p. 155), et dans une de ses lettres (t. V, p. 623) ; — Rega-nesburg dans les Annales de Metz {Hist. de Fi\, t. V, 346, 341), Annal, franc. (t. V, p, 46, 41. 48). Voy. aussi Hist. de Fr., t. VII, p. 164, 169, 114.
(2) Loais le Débonnaire qui, pendant son règne, ne parait pas avoir dépassé Francfort, avait été du vivant de son père, en 191, à Ratisbonne : Interea anno ^unc sequente, patri régi rex Ludovictis Engelheim occurrit, inde Ranesburg cum eo abat. (ViU Ludov. Pii; Hist. de Fr., t. VI, p. 89).
(3) Lib. IX, cap. xxxvi et lib. X, cap. xix.
(4) Voy. les monnaies de ces trois princes, Notice des monn, de la collection trousseau, p. 234, 235, 238. — Cf. p. 133.