EVIOVICI Ml. Croix cantonnée de quatre points
1^. XPISTIAII... REO, de gauche à droite. Temple. — Obolo. Poids, Off',62. (PI. II, ïi' 22.)
Le nom du roi offre des variantes, VLOTVICI. VLODVICI, VLOaVICI. VLOCVICI. VVLOCVICI. EVIOVICI. qui doivent être attribuées à diverses causes parallfeles. L'échange du T el du D, comme dans ROTOM et ROQOM, peut tenir à la prononciation. Le D retourné, Q, produit le C par confusion des formes; mais la présence du V et du VV en tête de la légende parait bien positivement indiquer que les deniers ont été frappés après d'autres pièces qui portent le nom VVILELMVS, c'est-à-dire après les monnaies de Guillaume Longue-Épée (927-942) auxquelles la population rouennaise était déjà accoutumée. Je reviendrai plus loin sur ce fait ; mais pendant que je m'occupe des légendes, il me faut encore relever, du côté où se trouve le nom de la ville, les variantes CI VITA, CIVIT, CIFIT, CFITA, certainement fort extraordinaires à cause de l'échange tudesque de V et de F. Le V en forme d'A renversé , avec barre brisée ou chevron intérieur, est un caractère tout à fait singulier (1 ).
Au centre du revers, on remarque les caractères VS très diversement posés et quelquefois accompagnés d'une petite barre qu'il ne 'faut pas prendre pour une lettre. Ces deux caractères doivent être le complément de CIVIT AS (2).
Que la portion de légende qui n'a pu trouver place dans le
(1) Le V contenant un petit trait vertical, comme on le voit sur le dénier n« 12, est, au contraire, déjà connu sur quelques deniers de Guillaume Taillefer, comte de Toulouse (950-1037).
(2) On doit remarquer que deux des deniers portent au centre un A à barre droite et ù barre brisée, ce qui exclut la lecture LS à l'aide de laquelle on pourrait chercher un abrégé du nom de Louis; mais, de plus, il faut, en général, éviter d'admettre des combinaisons formées de la première et de la dernière lettre d*un nom. On peut voir {Rev. num., 1868, pi. XIX, n» 27) comment on comprenait Tabrêviation du nom de Louis d*0utre-Mer.
pourtour soit transportée dan» lo champ central, cela ne peut nous étonner. Je ne rappellerai pas seulement ces denie^ de Paris, de Langres, d'Autun, de Toulouse, de Nevers, de Verdun, qui portent au centre le -litre de REX, complément de la lég^ende circulaire ; ceux de Bretagne , de Bourgogne , do Guienne, qui nous montrent le titre de DVX dans Tes mémos conditions. Il s'agit dun mot coupé; mais je puis indiquer des légendes telles que celles-ci : LVDOVICV(S) (i), — CARCA-
SONA CIVI(TATE), — VGO COMES MAR(CHE), — TVRENE VICEC(OMES), — CENG0LIMEN(SIS)(2). Sur des deniers anglais du ix** siècle, très utiles à comparer à des monnaies do Normandie, EANBALD.MONE(TA)et DOROBERNIA.CIBKTAS)- Et puis, si ilous avons recours aux monnaies italiennes, les exemples abondent; je n'en citerai qu'une partie : S. VINCEN- TI(VS), — MARTIN PAP(A), — R. SFORTI(A), — DE.EVGV- BI(A), — DE.PERVSI(A), — DE.ANCON(A), — DE.MVTIN(A). — BONONI(A), — DE.FERARI:a), — S.IVLIA(NVS), — S.BAR- TOLOM(EVS), - S.QVIRIA(CVS), — ARCHIEPISCO(PVS), — RECAN(ETI), — DE.PLACEN(CIA), — S.VENAN(TIVS), — MA- TER.STVDI(ORVM), — F.S.VICEC(OMES), - SANTVS.SA- V(INVS), — VRBS.CAME(RINA), — ALBERTVS.MAR(CHIO), — COMES.FEDER(ICVS), — DOMINVS.PIS(AVRI),— S.EMID-DE. ES(CVLO), "-CONSTANTIVS.SFO(RTIA),- EVG.PP.QVA(R- TVS),— M.PAPA.QVA(RTVS), — M.PAPA.QVI(NTVS),etc.,etc. On peut dire que les graveurs de monnaies n'ont éprouvé aucune répugnance à continuer dans le champ la légende commencée au pourtour. Sur quelques-uns des deniers trou- Ci) Les lettres placées ici entre parenthèses sont celles qui occupent le champ central des monnaies. La première pièce citée est un denier de Louis d'Outre-Mer.
(2) On peut aussi peut*étre citer les monnaies de Chalon-sur-Saône dont la
légende est CAVILONIS CIV(rAS) suivant la lecture de Duchalais. Je ne sais pourqnoi M. Poey d'Avant, en renvoyant au Catalogua de ta collection Faure^ n» 41, prétend que j'ai lu les trois derniers caractères LVS. Je n'ai jamais eu à décrire ces monnaies de Chalon, et quant au catalogue des monnaies françaises de M. Faure, de Villefranche (1846), dans lequel le denier de Gbalon est en effet décrit sous le n** 41, avec la lecture L.V.S., il porte le nom de son auteur, et je n'ai à aucun degré contribué à sa rédaction. Avec un pé^ d'attention, M. Poey d'Avant aurait pu s'épargner la peine de me critiquer sans aucun fondement {Monn. féod., t. lîl, p. 183).
TROUVAILLE D'ÉVRKLX. 7
vés à Évreux, l'A du centre est muni do sa barro (pi. I, n®* 8 et 9), Le petit trait qui accompagne AS sur un assez grand nombre d'exemplaires n'est pas plus une lettre que les points qui se combinent avec lui , car en certains cas ses dimensions sont tout à fait en disproportion avec les deux caractères près desquels il est tracé (1). Sur le n° 3 (pi. I), TS qui complète le mot CIVITA(S) est placé au-dessus de deux , signes qui représentent peut-être alpha et oméga. Ce type n'est pas sans rapport avec celui d'un denier de Rennes sur le/juel on voit aussi l'O circulaire flanqué de quatre points, monnaie que M. Bigot attribue avec juste raison à la seconde moitié du x* siècle (2). Il se pourrait que les deniers normands et bretons eussent une certaine parenté. Il ne serait pas imposssible non plus que les deux caractères AS accompagnés de la petite barre un peu allongée (voy. pi. I, n° S) eussent donné naissance à cette combinaison de signes placée dans le cbamp des deniers bretons de Geoffroy, comte de Rennes (1084), et de Conan, qu'on a lue IVS ou VIS (3). Un numismatiste distingué a cru voir dans les caractères IVS une altération du monogramme de Conan , servant de transition pour arriver au mot DVX (4) ; mais celte dernièrcî allégation surtout se fait difficilement accepter, puisque les caractères IVS se trouvent sur la monnaie de comtes^ au temps desquels ou ne prévoyait pas l'avènement damot DVX. L'altération du monogramme n'offre pas un grand degré d'évidence.
Sur deux deniers gravés dans notre planche II (n"* 16 et 17), le nom de Rouen commence par un monogramme formé des caractères RV, en sorte que ce nom se lit RVODOM. Il ne faut pas s'en étonner. J'ai déjà fait remarquer, à propos du nom de l'évêque de Strasbourg, Uoton (950-933), et de celui
(t) Voir les peUts traits qai figurent sur des monnaies anglaises, Ruding, Annals of Ihe coinage of Gr. Bril,, pi. XIV, Etlielw. 4: pi. XV, 5: pi. XXX, 21. — Hawklns, Silver coins of England, n" 98, 166. 196, 201.
(2) Estai sur lesmonn. du royaume et duché de BreiagnCy 18o7, pi. V, n* 11.
f3) LeIeweO Atlas du moyen âge^ pi. IX, n» 33. — Bigot, op, laud.y pi. VII, n»» 3 à 6,
(4) Rev. num,f 1846, p. 141.
de saint Ulrich, évêque d'Augsbourg (923-973), écrit Uodalricus sur un denier, qu'au x® siècle on faisait fréquemment usage de la diphlhongue UO, par exemple dans les noms Chuonradus, Ruotbertus, Ruothardus, elc, (1). Rtiodom est donc tout simplement un germanisme qui s'explique aisément quand on se reporte aux conditions politiques dans lesquelles se trouvait la Neustrie.
Je dois maintenant examiner comment des monnaies royales peuvent avoir été fabriquées à Rouen au cours du x" siècle et postérieurement à l'établissement des ducs de Normandie.
On sait que RoUon, duc de Neustrie depuis 912, ayant abdiqué en 927, son fils Guillaume lui succéda. Celui-ci employa une dizaine d'années à guerroyer contre les Bretons; puis en 936, le roi Raoul, qu'il avait reconnu pour suzerain, étant mort, il alla, accompagné de Hugues le Grand et d'Herbert, comte de Vermandois, recevoir à Boulogne, Louis d'Outre- Mer qu'ils avaient fait revenir d'Angleterre, l'accompagna à Laon et assista à son couronnement. De 938 à 940, Guillaume fut, à l'instigation de son beau-père Herbqrt, tantôt en guerre, tantôt en paix avec le roi Louis ; mai^ en 942 il se réconcilie avec ce prince, qui se rendit à Rouen, où il fut reçu magnifiquement. Puis le duc de Normandie, ayant rétabli la paix entre Louis et Otton, roi de Germanie, vint à Laon tenir sur les fonts de baptême le jeune Lothaire. Bientôt après il fut assassiné à Picquigny-sur-Somme, par ordre d'Arnoul, comte de Flandre. Richard, fils de Guillaume, âgé de huit ou neuf ans, fut proclamé duc à Rouen. Louis d'Oulre-Mer arrive dans cette ville dont il s'empare, et enlève le jeune duc qu'il emmène d'abord à Ëvreux, où il lui fit faire hommage par les gens du pays; puis il retourne à Rouen, où il gagne l'affection des Normands en promettant de venger la mort du duc Guillaume, et il en profite pour conduire Richard à Laon. Cette espèce de captivité du jeune duc déplaisait fortement à ses compatriotes, et en 944, le roi s'étant avancé en Normandie
(1) Rev. 7ium,y 1857, p. 338 et 340. — P. 384 du tome IV des Œuvres de A. de Longpérier,
TROUVAILLE D'ÊVREUX. 9
avec une armée, Rouen fit une tentative de révolte bientôt suivie d'une soumission complète. En lisant les chroniques de Dudon de Saint-Quentin et de Guillaume de Jumiéges^ on voit que, pendant toute Tannée 944, Louis d'Outre-Mer fit de fréquents séjours à Rouen, et qu'il croyait avoir attaché les soigneurs normands à son parti. Cependant Bernard le Danois, gouverneur de la ville et Tun des tuteurs de Richard, s'était secrètement entendu avec Harold, roi de Danemark, qui fit une descente sur les côtes de France; après une tentative d'entrevue qui aboutit à un combat, Louis fut fait prisonnier par trahison, et ce ne fut qu'en 946 que ce prince, mis enfin en liberté, jura, à Saint-Clair- sur-Eple, qu'il cédait et confirmait à Richard tout ce qui avait été cédé à RoUon, son aïeul. Les seigneurs normands et bretons vinrent rendre hommage au jeune duc en qualité de vassaux, et le conduisirent à Rouen, dont les habitants l'accueillirent avec acclamations (i). On voit, par l'exposé succinct qui vient d'être fait, que pendant plusieurs années les relations de Louis d'Outre-Mcr avec Rouen furent très fréquentes, et Ton comprend facilement que, soit à l'époque où Herloin, comte de Ponthieu, gouvernait cette ville au nom du roi, soit lorsque Bernard le Danois y exerçait le commandement, et s'efforçait par des semblants de fidélité de cacher ses menées hostiles, un assez grand nombre de monnaies aient pu être fabriquées portant, avec le nom de Louis, quelques restes du type de Guillaume Longue Épée. Le poids des deniers découverts à Évreux convient parfaitement au règne de Louis d'Outre-Mer. Les pièces figurées dans notre planche II, sous les n"*" 18 à 22, sont des oboles; leur poids doublé fournirait des deniers de 1?%52, 1^,30, 1^,24. Une des deux oboles restées à Évreux, et dont je dois les empreintes à l'obligeance de M. Alph. Chassant, a
(i) Dudon do Saint-QucntiD.. De morib, Norm.^ tout le livre Hî, apud Ducheane, Hist, Norm, Script, — Guillaume de Jumiéges, Hist. norm., livre Hl, à partir du cliap. 10, et livre IV jusqu'au chap. 7, apud Bouquet, Rec, des hùl, de Fr., t. VHl. — Richer, Uistor», lib. H, cap. 35 à 42, et les observations sur les faits historiques de 942 ù 946 présentées par Depping, Hist des expéd. matit. des Normands, édit. de 1844, p. 304 à 313.
pour légendes : + VVLCVICI l»P + 0 et XPISTIANA REO; nous avons là des imitations extrêmement dégénérées du type de Louis le Débonnaire.
Il y a plus de vingt ans, on a trouvé à Coudres (canton de Saint-André-la-Marche, département de TEure), avec des deniers de Charles le àSimple frappés à Chinon, un certain nombre de deniers au temple sur quelques-uns desquels on lit : VLODVVICI SU. — VLOaVIHNIHI. — VLODVIHWRH. — VVICVICIS RE, 'Une do ces pièces porte une croix cantonnée de deux points dans deux cantons et de deux groupes de trois points dans les deux autres. Je comparais de^ix de ces deniers à celui que Lelcwol attribue à Udalric, éveque d'Augsbourg (923-973), un contemporain de Louis d'Outre-Mer {Num, du moyen âge, t. II, p. 142). Coudres n'est qu'à 22 kilomètres d'Evreux, et il est bien permis de considérer les deniers au temple qui y ont été recueillis comme formant avec ceux qui viennent d'être retrouvés près de l'abbaye de Saint-Taurin un même groupe normand appartenant au milieu du x' siècle (i).
On n'oubliera pas que le denier de Richard P' au type du temple porte une croix cantonnée de quatre groupes de trois points (2).
J'ai parlé à diverses reprises du type de Guillaume Longue Epée, c'est-à-dire de relui qui se trouve sur le denier avec les légendes VVILELMVS. — ROTOMACS que j'ai publié dans la Revue en 1843 (pi. V, n* 1) (3), alors que cette pièce, conservée au Cabinet des médailles, était encore incomplète. M. Poey d'Avant, qui en a donné un dessin défectueux, la classe à Guillaume d'Hyèmcs (lisez d'Exmes) (4), fils naturel de Ri-
(1) Voy. Not. des monn, franc, de la collecL Rottsseau, 1847, p. 138, 139, et 207.
(2) Hei\ num,, 1843, pi. V, n« 2 (p. 151, no 2 du t. IV des Œuvres de A. de L.). — Le type du temple et de la croix cantonnée du groupe de trois points sY'tend très loin, au milieu du x« siècle. Voir la monnaie de Boleslas I, duc de Bohême, frappée à Prague (938-%7), publiée par M. Cappe, Miitheilungen der num, Geselischaft in Bet^lin, 2« cahier, 1850, pi. V, n® 12. On ne peut réellement se faire une juste idée de Tinfluence du siècle sur le style des monnaies qu'en comparant des monuments appartenant à divers points de l'Europe.
(3) P. 151, n« 1, du t. IV des Œuvres de A. de Longpérier.
(4) Exmes {Oximus), dans Tévèché de Sécz et chef- lieu de canton du département de rOrne; Uismes dans le Roman de Bou (vers 6123).
TROUVAILLE DÉVREUX. M
chard P', qui, en 997, ayant fait causo commune avec les Francs de la frontière, fut fait prisonnier et fut incarcéré dans la tour de Rouen (i). Mais ce Guillaume ne $*était pas fait proclamer duc de Normandie, mais il n'a jamais eu aucun droit sur Rouefn, et quoique M. Poey d'Avant considère la légende ROTOMACS comme représentant la Normandie tout entière, je me garderai bien de me rendre à son avis. D'ailleurs le type du denier de Guillaume est celui des East Angles de la fm du ix^ siècle, Eadmund, Ethelstan et ^thelward (855 à 895) ; on conçoit qu'il fut usité en Normandie au commencement du x" siècle. M. Poey croyait avoir trouvé un argument dans la citation de deniers de Richard P', avec le monogramme de Charles, lesquels auraient constitué le premier type normand. Mais au milieu du x® siècle le monastère d'York plaçait le monogramme de Charles sur ses monnaies, et quant aux deniers avec ce même monogramme attribués à Richard P', je dois dire que ce sont des pièces plus que suspectes-. Bien avant qu'on eût tiré de leur type des coilséquences numismatiques, j'avais dissuadé M. Barthélémy Lecarpentier ,de les faire entrer dans sa belle collection.
Maintenant tenons compte de la nouvelle découverte d'Evreux. Louis d'Outre-Mer mourut quarante-trois ans avant la défection de Guillaume, comte d'Exmes, événement que précéda de dix ans la mort de Louis V, Si les pièces de Rouen au nom de Louis, qui ne sont certainement pas émises par Louis VI, présentent, ainsi que cela semble probable, une légende commençant par un V ou un VV à l'imitation des monnaies au nom de VVILELMVS, ces dernières doivent avoir été fabriquées avant 942, ce qui, du reste, s'accorde bien avec la fabrique et le style de l'exemplaire appartenant au Cabinet
(i) Ce qu'on sait de la rébellion de Guillaume se trouve r«!;8uaié dans ces vers de Wace :
La guerre ama e poiz haï, A cels des marches s'alia, Li homes Richart guerre ia E meintes feiz le maoaça.
(Roman de Rou, vers 6132 et suiv., édlt. Pluquet, 1827, t. I, p. 312.)
i2 LOUIS^ D'OUTRE-MER EN NORMANDIE.
des médailles. Placer cette pièce en la seconde année du règne de Robert, fils de Hugues Capet, me paraît chose impossible. D'un autre côté, on ne pourra admettre que les deniers offrant avec le nom de Louis tous les caractères du style carlovingien , aient été émis au temps du comte d'Ëxmes, après 997, et avec l'intention de rappeler le type d'un seigneur vaincu par son suzerain et enfermé dans la tour de Rouen. D'ailleurs, les deniers de la trouvaille pèsent en moyenne IP',35 (1), ce qui est inférieur à la moyenne des deniers de Charles le Simple et conforme à celle du deuxième type de Raoul, par conséquent tout à fait convenable pour des monnaies frappées sous Louis d'Outre-Mer.
J'ai autrefois refusé d'attribuer à ce prince les beaux deniers à la légende MARSALLO VICO et METTIS CIVITAS qui lui avaient été accordés sans aucune apparence de raison. Le poids moyen de ces pièces est de 1^,60, et quelques-unes d'entre elles montent à 4ï^,70 et 1^,75.. Je les ai données au roi de Lorraine, Louis de Saxe (876-882). Lé grand trésor de Glisy, près Amiens, contenait un de ces deniers frappé à Marsar, et l'on sait que le dépôt était composé de monnaies de Charles le Chauve et de Louis le Bègue (877-879). C'était déjà une première confirmation. La découverte de Saint-Taurin d'Évreux, en nous montrant une certaine masse de monnaies de Louis d'Outre-Mer, permet d'établir une comparaison qui m'autorise à persévérer dans l'opinion que j'ai adoptée en 1847 (2). Je demande pardon au lecteur de revenir sur ce point avec insistance ; mais , après une très longue étude des monuments carlovingiens , il m'est permis de parler avec quelque conni^issance de cause, et j'ose affirmer qu'il est impossible de confondre les deniers que j'attribue à Louis de Saxe avec des monnaies du x" siècle. Si l'on veut voir un bel et bon échantillon delà monnaie de Louis d'Outre-Mer, on le
(1) J'ai déjà dit que le poids d*un certain nombre de ces deniers se trouve augmenté par le suirure ; la moyenne de 19^,35 est donc évidemment un peu supérieure au poids normal.
(2) Notice de la collection Rousseau, p. 229, n<» 565 et 566.
TUOUVAILLE DEVREL-X. IJ
trouvera dans le denier de Toulouse de la collection Daasy dont notre lievue a publié la gravure (186S, pt. XIX, n»27) (1). Or, en faisant la part de l'influence provinciale, on ne pourra méconnaitre la liai&on qui existe entre le denier toulousain (942) et ceux qui, fort peu de temps après, ont été émis à Rouen.
D'un autre côté, les deniers et oboles avec les légendes VLODVVICI, — VVLOCVICI et le type du temple, renouvelés sous Louis-d'Outre-Mer en raison m(>mc du- nom de ce prince , auront dû préparer l'émission des deniers de Richard qui portent le nrëme type. Il me semble que la trouvaille d'Évrcux, qui nous fait entrevoir bien dés faits numismatique?, est digne de la plus grande attention.
il) PI. XX, u-21, du t. IV lies (JEutrwde.l.'Je L.
DE