‹ Œuvres de A. de LongpérierChapitre 102 sur 173 · BU MUSÉE DE LEYDK · texte numérisé non relu

BU MUSÉE DE LEYDK

On n'objectera pas contre Torigine chrétienne que nous assignons à la stèle de Leyde la présence du mot XAIPE, puisque celte formule se lit sur d'autres monuments chrétiens (1), ni le sens païen du nom de Diogène, car les anciens ne répudiaient pas leur nom lorsqu'ils se convertissaient; ou, lorsqu'ils étaient chrétiens eux-mêmes, ne craignaient pas de donner à leurs enfants des noms rappelant les divinités du polythéisme. Sans parler de saint Apollon, de saint Mercure, de saint Hermès, de sainte Lucine, de saint Télesphore, on connaît par les inscriptions un nombre considérable de chrétiens nommés Jovius, Dionysius, Posidonius, Afrodisius, Apollonius, Ammonius, Nemesis, Demetria, Athenodorus, Herculius, Yeneria, Artemidorus, Bacchilus, etc. Diogene et Diogenia se trouvent aussi plus d'une fois.

L'absence de tout symbole, de fleurs, de couronne sur le tympan de la stèle s'accorde bien avec ce que TertuUien rapporte des chrétiens qui refusaient de décorer de branches de laurier la porte de leur maison (2) ; et il n'est pas jusqu'à l'attitude grave et chaste des deux enfants de Bacchius qui ne rappelle les personnages figurés sur les verres dorés des catacombes romaines.

En somme, la stèle de Leyde nous parait être un monument discret du christianisme, exécuté à une époque où il pouvait être dangereux de se montrer plus explicite; etc'csticile lieu, en mentionnant le titre du Mémoire sur rimpératice Salonine^ dans lequel M. J. de Witte a fait voir le sens chrétien de la formule IN PAGE, qui se lit sur les deniers de l'épouse de Gallien, de dire combien nous attachons d'importance à cette opinion du savant antiquaire.

(i) Muratori, 1883, 2. — 1883, 4.

(2) ApologeiiCf cap. 35.

Marbres de cyzique donnés au Louvre par M. Waddington.

(Extrait du Bulletin at^chéologique de /'Athbiceum français.

i^ année, n« 6| juin 1835, p. 60.)

Les environs de la ville de Cyzique, où Peyssonnel avait en 1749 découvert de précieux marbres, décrits par Caylus avec les explications de Tabbé Belley {Rec, dant.^ t. H, p. 169 et suiv.), offrent encore aux recherches des antiquaires d'intéressants monuments, et M. W. H. Waddington en a rapporté plusieurs stèles qui sont venues enrichir la collection du Louvre.

Les marbres donnés au Musée par M. Waddington appartiennent à cette école grecque de TAsie Mineure dont les œuvres rivalisent avec celles de TAttique ; malheureusement, ils ont été fort mutilés par le temps et les hommes ; mais ils présentent des détails très utiles à étudier. Nous en donnerons ici une description sommaire.

1<» Grande stèle, l^^^SS de longueur sur 1*^,04 de hauteur.

Homme vêtu d'un manteau qui laisse la poitrine et le bras droit à découvert, couché sur un lit, le coude gauche appuyé sur deux coussins. De la main droite il tient une patëre dans laquelle vient boire un serpent qui s'enroule autour de l'un des pieds d'une table chargée de mets, placée devant le Ut. Au pied du lit, est assise une femme vêtue d'un^ tunique talaire, tenant de la main gauche un flabellum en forme de feuille de lotus. Derrière elle, une jeune fille qui porte une

MARBRRS DE CVZIQUE. U\

grande ciste en forme de temple circulaire ; au chevet, un jeune enfant puisant dans un grand cratère, et tenant de la main gauche un gâteau ; près de lui s'avance un cheval dont on ne voit que la partie antérieure. Cette composition est encadrée par deux pilastres doriques soutenant une architrave ; sur la plinthe on lit :

ATTAAE

AIKAHniOAnPOY

XAIPE

Dans la partie supérieure du fond, on remarque dix petits trous carrés avec scellement de plomb qui donnent lieu de penser qu'on avait attaché là des ornements. Les têtes des deux personnages principaux ont été enlevées à Toutil, probablement pour être remplacées par de nouveaux portraits.

2* Stèle : longueur 0»,88, hauteur 0»,52.

Deux hommes couchés sur un lit ; devant eux, une table longue, chargée de mets; au pied du lit, une femme assise, vêtue d*une tunique talaire et d'un péplus (les têtes de ces trois personnages sont brisées). Derrière le chevet du lit, un arbre autour duquel s'enroule un grand serpent ; devant, une table qui supporte divers vases, entre autres un grand cratère sur lequel est posé un rhyton ; près de cette table, un enfant appuyé sur une amphore, et plus loin, un jeune homme, tourné vers un cheval dont on ne voit que la partie antérieure. La sc^ne est encadrée par deux pilastres soutenant une architrave.

3« Fragment de stèle : longueur 0",42, hauteur 0"*,89.

Homme assis sur un lit, le coude gauche reposant sur un coussin, devant lui, une table chargée de mets ; près du chevet, un petit trépied supportant un vase, et à terre, un calathus. Sur la plinthe on lit :

AHMHTPIOY TOY MHNO<t>ANOY

4° Fragment de stèle : largeur 0>",20, hauteur O'.iO.

312 MARBRES DE CVZIQUE.

Femme debout, de face, voilée par un pan de son péplus, velue d'une tunique talaire ; près d'elle un jeune homme marchant (la tète est brisée), devant lequel passe la jambe d'an cheval au galop (le reste brisé). Sur la plinthe

. coz Hpnz

5° Fragment de stèle : largeur 0',4S, hauteur 0",i7.

Homme debout, vêtu d'une longue tunique et d'un tribon (toute la partie supérieure manque), sacrifiant sur un autel carré devant lequel est un bélier; près de l'autel, deux très jeunes filles se tiennent debout. Sur la plinthe

AnOAAnNIOZAEIAnTIANOX

KATAEniTArK {*ic).

6° Fragment, sculpté en relief très bas : hauteur û'ilB, largeur 0'',44. Jeune homme, vêtu d'une courte ttinique, retenant par la laisse un grand chien qui court devant lui ; au-dessus, en grands caractères,

MUOTIII ....

TRANSCRIPTION DlIN PAPYRUS

COXTEXANT

DES FRAGMENTS DU XVin° CHANT DE L'ILIADE.

(Extrait du Bulletin archéologique de TAthryeum frantair, 1'« anaép. d« 7,

juillet 1853, pp. 61-63.)

M. Louis Batîssier, vice-consul de Franco à Suez, qui depuis qu'il réside en Egypte, enrichit, chaque année, le Musée du Louvre de quelques curieux monuments recueillis par lui, vient de m'apporter encore, entre autres choses intéressantes, des fragments d'un paryrus grec acheté à un des Arabes qui fouillent la vallée des tombeaux à Thèbes. Ces fragments, fort irrégulièrement déchirés par les bords, étaient en outre tout repliés, et percés en divers endroits. Âpres les avoir étendus pour les examiner, je fus agréablement surpris en reconnaissant tout d'abord plusieurs phrases qui se rapportaient bien évidemment à la description du bouclier d'Achille, un dos passages de Ylliade les plus familiers aux antiquaires. Le premier grand fragment contient en eiïet les derniers mots do vingt-cinq vers (475 à 499} du XVIIP chant, et à côté, dans une seconde colonne, le commencement de dix-huit autres vers (318 à S3S); cette dernière partie du texte s'est accrue d'un petit fragment que j'ai replacé à l'angle droit supérieur du papyrus. Le troisième fragment, un peu moins haut que le premier, ne comprend qu'une seule colonne, de laquelle il subsiste dix-huit vers (544 à 561) tous mutilés au commencement, et quelques-uns ayant perdu un certain nombre de lettres du dernier mot. Malgré cet état de dégradation, je me

3i4 TRANSCRIPTION D'UN PAPYRUS

suis empressé de transcrire ce texte, et de le livrer à l'examen des philologues qui en tireront certainement parti. Le Louvre possédait déjà quelques petits frargments du XIII<^ chant do VIliade écrits sur papyrus. Ces fragments, trouvés dans FOe d'Éléphantine et rapportés par Drovetti, avaient paru à Letronne « fort curieux sous les rapports prosodique et paléographique » (1), et les nôtres dont l'écriture semble un peu plus ancienne, offrent près de soixante accents et signes do ponctuation. Je reproduis ici le papyrus donné au Louvre par M. Batissier, non pas précisément en facsimUe^ mais d'une manière très approchée et autant que le permet la régularité de la typographie.

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