‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 2)Chapitre 111 sur 311 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Guzman se présente pour servir clans une compagnie de nouvelles levées. Comment il est reçu du capitaine , et de quelle façon ils vivent ensemble.

Toute ma crainte étoit que l'ânier n'eût menti; mais je fus persuadé , en entrant dans Almagro , qu'il avoit dit vrai. J'aperçus un drapeau à la fenêtre d'une maison, où je jugeai que le capitaine demeuroit. J'allai descendre à une hôtellerie tout auprès, et je ne songeai qu'à me reposer jusqu'au lendemain matin.

Alors m'étant paré de mon bel habit et de mon linge le plus fin , je me rendis à la première église , où j'entendis la messe, et de là chez le capitaine, que je saluai d'un air à lui faire croire que je ne pouvois être qu'un jeune homme de qualité. Je lui dis que je venois exprès à Almagro pour y prendre parti dans sa compagnie, ne respirant que l'honneur de servir le roi. Mon ajustement ne manqua pas de jeter de la poudre aux yeux j de cet officier, qui savoit fort bien vivre. Il me reçut I le plus poliment du monde. Il commença par me témoigner la joie qu'il avoit de me voir dans la disposition d'entrer de si bonne heure dans la carrière de la gloire ,• puis il me remercia de la préférence quejedonnois à sa compagnie, qui se trouvoit fort honorée de posséder un cavalier de noble race, comme il étoit aisé de connoître que j'en étois un. Ce qui me fâche, ajouta-t-il, est que tous les emplois sont remplis; mais si je ne

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