CHAPITRE IV
De son arrivée à Gênes , et de la gracieuse réception que lui firent ses parents lorsqu'ils apprirent qui il étoit.
Nous allâmes loger à la Croix-Blanche , qui dans ce temps-là étoit la meilleure hôtellerie de la ville. Il étoit déjà nuit ; et comme mon écuyer avoit pris les devants pour disposer 1 hôte à recevoir chez lui un abbé de la première qualité , je trouvai tout le monde en mouvement dans la maison : une partie des domestiques étoit à la porte avec des flambeaux ; et leur maître, après que Sayavedra m eut iiidé à descendre de ma litière , me conduisit à la chambre d'honneur du logis , de laquelle on fit sortir un cavalier qui méritoit mieux que moi de l'occuper.
L'hôtellerie étoit alors pleine de personnes de considération , lesquelles ne furent pas peu curieuses de' savoir qui j'étois ; et mon nouveau valet , bien instruit par Sayavedra , disoit à tous les gens qui le questionnoient là-dessus, que je me nommois monseigneur l'abbé