LIVRE IT, CHAP. XVII
marclloit, entra dans un petit vestibule, tira une CDitle qui pendoit du plafond; et dans le moment des chaînes de fer très-pesantes tombèrent siir le seigneur de Montauban, qui en fut enveloppe; et lie si fortement par le corps, qu'il demeura privé de l'usage de ses jambes et de ses bras. Le géant, hors de péril par cette trahison , fît prendre et enfermer par ses gens le fils d'Aymon dans la prison de la tour avec les deux clievaliers de Baie, et plusieurs autres qu'il avoit faits prisonniers avant l'arrivée des paladins. Ensuite il revint sur le pont.
Le fils d'Ogier, voyant ce monstre revenir seul, lui demanda tout surpris ce que Renaud étoit devenu. Je l'épargnois, répondit Varillard; mais son imprudence et son obstination m'ont oblij^é de me servir de toutes mes forces contre lui. Je l'ai vaincu, et je le tiens à présent dans mes prisons. Ah ! je vais le venger, s'écria Diidon en colère. En disant cela, il attaqua le monstre et le chargea si vivement, que Varillard, affoibli d'ailleurs par le sang qu'il avoit perdu, fut obligé de recourir au. même artifice qu'il venoit d'employer; et, par ce moyen, il s'en rendit maître comme de Renaud. Les deux fils du mar- (piis de Vienne eurent aussi le même sort. Ainsi tous ces paladins, que la valeur de Roland avoit sauvés de l'île enchantée de Morgane,ne sortirent du palais de cristal ([ue pour tomber dans les prisons de Varillard, qui les envoya au roi Monodant , pour la raison que Ion dira dans la suite.
42l6 ROLAND I. AMOUREUX.