CHAPITRE XV
De la négociation de Maugis, et quel en fut le succès.
Maitgis, plein de zèle pour sa libératrice, voloitvjei's l'Espagne pour aller exécuter sa promesse. Il étoit bien éloigné de penser que son cousin, qu'il connoissoit trèssensible à la beauté des dames, dût faire le cruel envers une princesse tout adorable. Ses démons l'instruisirent en chemin de l'entreprise du roi Gradasse et des principales particulai'ités de cette guerre. Ils arrivèrent auprès de Barcelonne au lever de l'aurore; ils passèrent par-dessus le champ où la bataille sanglante avoit été livrée la veille entre les Séricans et les Sarrasins. Les flots de sang qui couloient encore le long des sillons et le nombre effroyable de morts dont la teire étoit jonchée, faisoient un spectacle dont Maugis frémit, et qui ne pou voit en effet être agréable qu'à ses démons, qui témoignèrent assez par leur joie qu'ils faisoient leurs délices de ces objets horribles.
D'abord que le fils du duc d'Aigremont fut dans le camp des Français , il se fît enseigner le pavillon de Renaud. Il entra, et réveilla ce chevalier, qui dormoit encore. Quelle fut la surprise du fils d'Aymon , lorsqu'il aperçut son cousin! Il sentit la joie la plus vive; il se lève avec empressement, se jette à son cou, l'embrasse mille fois, et lui dit : Qui t'amène ici, cher ami? Ton intérêt , lui répondit Maugis : je viens t'annoncer la nouvelle du monde la plus agréable ; prépare ton cœur