‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 3)Chapitre 99 sur 227 · LIVRE II, CHAP. IX · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAP. IX

ne songe pas que je vous fais un trop long récit. Pour le finir en deux mots, je vous dirai que Prasilde, après avoir tait secourir Irolde et Thisbine, leur rendit la parole qu'ils lui avoient donnée de consentir à son bonheur, et promit de ne plus troubler leurs plaisirs par son importune ardeur; mais, de peur de faire inulilemenî un effort si généreux , il s'éloigna de Thisbine et de Baie, et ne s'occupa plus qu'à continuel- de travailler pour sa renommée par des exploits éclatants.

Fleur-de-Lys acheva en cet endroit Ihistoire de Prasilde et d'Irolde • et voyant qiielques fruits sauvages qui pendoient aux arbres, elle pria le paladin de s'arrêter pour en cueillir. Ils en mangèrent tous deux pour apaiser la faim qui commençoit à les presser vivement. Pendant qu'ils faisoient ce repas frugal, la nuit les surprit; ils résolurent de la passer dans ce lieu, qui leur parut agréable et commode pour cela,- ils laissèrent paître leurs chevaux près d'eux et se couchèrent sur un gazon épais, à quelques pas l'un de l'autre; un arbre touffu les couvroit, et les préservoit de la fraîcheur du serein. Le sommeil ne tarda guère à s'emparer de leurs sens, que 1q fatigue du jour n'avoit que trop disposés à en goûter la douceur.

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