‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 4)Chapitre 142 sur 399 · LÉONOR, BÉATRIX · texte numérisé non relu

LÉONOR, BÉATRIX

( Elles sortent tontes deux da jardin par la petite porte. ) LÉONOR.

Oui, Béatrix, puisque je suis soumise à l'autorité de mon frère, je ferai ce qu'il souhaite ; il veut que j'épouse le capitaine don Lope de Castro j je l'épouserai.

BÉATRIX

Ce capitaine-là est un homme bien expéditif. Il vous vit avant-hier pour la première fois, et il vous a déjà demandée en mariage.

lyC) LE POINT D HONNEUR.

LÉONOR soupirant.

Ahi!

BÉATRIX

Je sais bien mauvais gré au seigneur don Alonse de Guzman, votre frère, de vous sacrifier à l'amour qu'il a pour Estelle d'Alvarade. Quoi ! parce qu'il aime cette dame , il faut qu'il vous livre à une espèce de fou dont elle est nièce ?

LÉONOR

Il est vrai que le capitaine don Lope est si délicat sur le point d'honneur , qu'il outre quelquefois la matière. Cela lui donne un|^ ridicule dans le monde , j'en conviens ; mais il a de la naissance , de la valeur , de la probité ; et je crois que je ne serai pas malheureuse avec lui.

BÉA.TR1X

A la bonne heure. Vous allez donc abandonner don Carlos, ce jeune galant qui vient depuis huit jours régulièrement au Prado , qui assiège la petite porte de notre jardin , et dont vous recevez les soins sans pouvoir vous en défendre.

LÉONOR

C'en est fait , je n'y veux plus penser. Mon devoir triomphera bientôt de l'inclination que je me sens pour lui.

BÉATRIX

Vous prenez bien vite votre parti.

LÉONOR

Est-ce que tu m'en fais un reproche :*

Au contraire, je vous en loue. Après tout, ce don

Page 1