‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 4)Chapitre 170 sur 399 · ACTE II, SCÈNE VII. 2O · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VII. 2O

CRISPIN

Mais, Béatrix, je suis en peine de savoir une chose. Quand il m'a frappé , avoit-il la main ouverte ou fermée ?

BÉATRIX

Hé ! pourquoi voudrois-tu savoir cela ?

CRISPIN

Pourquoi, morbleu! Si c'est un soufflet, c'est un affront fait à mon honneur.

BÉATRIX

Et si c'est un coup de poing, ce n'est donc rien?

CRiSPm.

Non. Un coup de poing, un coup de pied au cul, se donnent sans conséquence; mais un soufflet!

BÉATRIX

Diantre, un soufflet! On n'y sauroit donner une bonne explication, nest-ce pas ?

CRISPllV.

Dis-moi donc, Béatrix, si c'est un soufflet que j'ai reçu ?

Tu dois mieux le savoir que moi.

CRISPIN

Jétois distrait dans le moment.

BÉATRIX

Moi , j'étois fort attentive, et je puis t assurer que c'est un soufflet avec toutes ses circonstances. CRISPIN.

Cela étant, je suis bien aise de m'être possédé dans l'action; la vengeance en sera plus éclatante.

Le Sage. Théâtre. i4

BÉATRIX

Je n'en doute nullement.

CRISPIN, Peu s'en est fallu que je n'aie cédé au premier mou-' vement, et violé nos règles ; car je suis trop chaud et trop bouillant.

BÉATRIX

Il y a paru. ,'■■

CRiSPm. .,t

S'il eût réitéré, il y auroit eu du sang répandu.

BÉATRIX

Oui; car il t' auroit cassé le nez.

CRISPIN

Je vais de ce pas chercher mon maître, et le consulter. Cette affaire-là aura de grandes suites.

Tu m'as l'air de la mener loin.

CRISPIN

Je ne voudrois pas être dans la peau de mon ennemi.

( Il sort. )

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