ACTE II, SCENE XII
ESTELLE
C'est tqi , Clarin ? Approche , mon enfant ; est-ce que tu ne me remets pas?
(Bas.) Que trop. ( Ham. ) Pardonnez-moi.
ESTELLE
Don Luis est donc à Madrid ? Quelle joie! Pourquoi ne l'ai-je pas encore vu.^
CLARIN d'an air embarrassé.
Madame ( A part. ) Que lui dirai-je?
ESTELLE
Parle , Clarin , réponds-moi. Satisfais ma curiosité.
CLARIN pleurant.
Don Luis n'est point à Madrid , madame...,, hui , hui, liui , hui , hui !
ESTELLE
Tu pleures , mon ami ! Quel malheur m'annoncent tes larmes ?
CLARIN redoublant ses pleurs.
Hin , hin , hin , hin , hin !
ESTELLE
ExpUque-toi donc. Tu jettes dans mon cœur un effroi mortel.
; CLARIN.
Il ne faut plus song«" au seigneur don Luis.
ESTELLE
Que dis-tu ? Que lui seroit-il arrivé .''
Hélas î
JACINTE
Seroit-il mort:'
2l6 LE POINT DHONNEUR.
CLARIN.
Pis que cela : il est
Achève.
Marié.
Juste ciel !
Marié !
ESTEtLE.
CLARm.
ESTELLE
JACINTE
CLARIN.
Oui , il s'est marié à Bruxelles. Il a épousé la veuve d'un officier flamand.
ESTELLE
Le perfide !
JAClIfTE.
Le traître !
Il a pu trahir ses serments !
( Elle tombe dans une profonde rêverie. ) CLARIJV.
C'est ce que je lui reprochai la veille de ses noces : Seigneur don Luis, lui dis-je la larme à l'œil, songez vous bien à ce que vous allez faire .^ Voulez-vous causer la mort à madame Estelle , à qui vous avez donné votre foi , et qui vous aime si tendrement ? JACINTE.
Et que répondit-il à cela ?
CLARIN.
Ce qu'il répondit : ( grossissant la voix. ) Monsieur Clarin, mêlez-vous de vos affaires. Estelle vous a-t-elle payé pour entrer si chaudement dans ses intérêts .i^