ACTE III, SCENE I. Sà
CRISPIN
Je vais vous le dire en deux mots. J'ai renconlré mon ennemi. Nous avons parlé de nous battre. L'un de nous deux a refusé lâchement de tirer l'épée; et l'autre, suivant nos règles , lui a donné vingt coups do bâton.
LE CAPITAINE
Tu as bien fait de le traiter ainsi.
CRTSPIN.
Après cela, mon drôle ne m'a pas demandé son reste. Il s'est retiré, et m'a laissé maître du champ de bataille.
LE CAPITAINE
Tu as fait prendre la fuite à ton ennemi ?
CRISPIN
Oui , vraiment , il m'a montré les talons.
LE CAPITAINE
Tu me ravis par ce discours, mon cher Crispin. Viens, mon fils , viens que je t'embrasse. Je veux que tu deviennes un des plus vaillants hommes du royaume.
CRISPIN
J'y ai beaucoup de disposition.
LE CAPITAINE
Et dès à présent je te fais l'arbitre des démêlés de la populace.
CRISPIN
Grand merci. (Déclamant.)
Tôt ou tard la valeur reçoit sa récompense. LE CAPITAINE.
Ma joie est extrême d'apprendre que tu te sois vengé. Car enfin, mon ami, une injure est un ])esant fardeau.
aSo LE POINT DHONSEDR.
CRISPIW.
Très-pesant.
Dans quelle affreuse situation se trouve un homme qui a été offensé , et qui n'est pas encore vengé ! CRISPIN.
J'ai passé par là. Peste ! c'est une horrible situation.
LE CAPITAINE
Il a dans le cœur un ver qui le ronge sans relâche. Il est bourrelé.
CRISPIN
Souffleté.
Déchiré.
INasardé.
Dévoré.
CRISPIN
Croquignolé. ly.
LE CAPITAINE
Mais , quand il a goûté la douceur de la vengeance...
CRISPIN
Ho! ho!
LE CAPITAINE
Quel soulagement î
CRISPIN
Quel plaisir!
LE CAPITAINE
Que son àrae est contente !
Elle nage dans la joie.
LE CAPITAINE
CRISPIN
LE CAPITAINE