‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 4)Chapitre 201 sur 399 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

autre côté, songe que je n'ai point de mauvaises intentions. Je n'ai pas même d'amour pour le cavalier.

CÉLIE

Il n'est pas possible ! Vous prenez pourtant plaisir à 1 entretenir.

Beaucoup. Il a de l'esprit , des manières galantes et polies , et je ne suis pas fâchée d'en avoir fait la conquête. Mais je n'y mets rien du mien , et je ne cherche qu'à me divertir.

CÉLIE

Ainsi donc vous continuerez d'aller au jardin, malgré ce qu'un père vient de vous dire.

LISARDE.

Et malgré tout ce que tu pourrois me représenter pour m'en empêcher.

CÉLIE

Tant pis. Je vous blâme d'autant plus, que vous êtes dans une conjoncture qui vous oblige à vous observer plus que vous n'avez fait jusqu'ici. On attend d'Espagne, de jour en jour, don Juan Osorio , à qui vous êtes promise. Les préparatifs de votre mariage sont achevés. Quel temps prenez-vous pour vous embarquer dans une galanterie qui ne peut aboutir qu'à quelque éclat fâcheux pour vous ?

LISARDE.

Epargne-toi la peine de moraliser inutilement.

CÉLIE

Ne songez qu'à bien recevoir l'époux qu'on vous destine.

LISARDE.

Paroles perdues.

Il y a des filles qui cherchent malheur.

LISARDE.

Taisez-vous, Célie. Je pourrdis me lasser de vos remontrances.

CÉLIE

Vous devriez plutôt en profiter.

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