SCÈNE III
LISARDE, CÉLIE, NISE.
LISARDE.
Ils sont enfin sortis. Otez ma mante, Célie, donnezmoi un autre habit. (Pendant qu'elle change d'haLits,) Je Suis
très-contente de vous , Nise ; mais comment en nous voyant avez-vous pu ne nous pas découvrir par votre surprise ?
NISE.
Oh ! madame , toute jeune que je suis , j'ai de la prudence.
Le Sage. Théâtre. i8
:iy4 DON CÉSAR ur.si?r.
LISARDE.
Je le vois bien; mais, dis-moi, n'es-tu pas étonnée de me voir prisonnière dans ma propre maison et geôlière de moi-même ?
KISE.
En effet , comment cela s'est-il pu faire ? Je mein j d'envie de le savoir.
LISARDE.
Je vais te le dire. Je suis sortie pour m'aller promener dans un jardin. Je m'y entretenois avec un cavalier. Mon pèi'e , qui sans doute en a été averti , m'y est venu surprendre; et, pour donner le change à ses gardes, il m'a fait ramener ici par eux comme une dame étrangère qu'il auroit arrêtée.
CÉLIE
Je vous l'ai déjà dit , madame , vous vous trompez quand vous croyez n'avoir pas ét;é prise pour une autre. Quelle apparence y a-t-il qu'un homme aussi prudent que M. le gouverneur ait été capable de s'exposer à rendre son déshonneur public par une pareille démarche .f* Encore une fois , cela n'est pas possible. Je craignois dans le jardin qu'il ne nous reconnût ; mais à présent je ne crains plus rien; et vous devez avoir Icoprit tranquille là-dessus.
LISARDE.
Hé bien ! soit. Je veux qu'en m'arrétant, mon père ait cru de bonne foi se saisir d'une autre personne; noiis voilà dans un nouvel embarras.
CÉLIE
Dans quel embarras?
LISARDE.
il va revenir plein d impatience de voir sa prison-