‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 4)Chapitre 224 sur 399 · ACTE III, SCENB V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENB V

LE GOUVERNEUR

Vous avez lort bien fait.

LISARDE.

Je lui ai fait préparer un de nos plus beaux appartements.

LE GOUVERNEUR

Elle le mérite bien. Nous ne pouvons avoir trop de considération pour elle. C'est une fille d'une illustre naissance, et dont le père est mon ancien ami.

LJSARDE.

Il n'en faudroit pas davantage pour me faire épouser ses intérêts ; mais elle joint à cela un mérite personnel qui m'enchante. Que j'ai découvert en elle de bonnes qualités ! Qu'elle a d'esprit , de politesse et de douceur! on ne peut la voir sans l'aimer, ni sans prendre beaucoup de part à ses chagrins. Elle m'en a fait confidence, et je vous avouerai que j'en suis encore tout émue.

FLÊRIDE à part.

Elle lui conte apparemment mon histoire, pour m'épargner la honte d'en faire moi-même le récit.

LISARDE.

Permettez-moi, seigneur d'intercéder pour elle auprès de vous. Elle se repent d'avoir oublié son devoir.... (Se jetant aux pieds de son père.) Ayez pitié d'elle en favcur des remords qui la pressent.

FIdÎRIDE à part.

Elle embrasse ses genoux ! Avec quelle vivacité elle lui parle pour moi ! Quelle bonté !

LE GOUVERNEUR aidant à relever sa fille.

Ma fille, je ne m'intéresse pas moins que vous pour

cette dame. Vous allez entendre ce que je vais lui dire.

CÉLIE à part.

Ouf! cet entretien me fait peur.

LE GOUVERNEUR s'approchant de Fléride.

Madame, vous n'êtes point ici prisonnière; et je vous prie de regarder ma maison comme la vôtre. Vous êtes chez un homme qui entre dans votre situation, qui se fait un devoir de vous servir, et qui n'épargnera rien pour vous rendre hientôt parfaitement contente. Vous pouvez compter là-dessus.

FLÉRIDE.

Seigneur, dans l'état où je me trouve, rien n'est plus propre à me consoler que votre protection... (A Lisarde. Ah! que ne dois-je point à la généreuse Lisarde! C'est à sa bonté que je suis redevable d'un asile...

LISARDE l'interrompant avec précipitation.

Ce n'est point moi, madame, c'est mon père que vous devez remercier de la disposition favorable où il est à votre égard.

LE GOUVERNEUR

Non, Lisarde, il n'est pas temps encore qu'elle me fasse des remercynents. Qu'elle attende que j'aie rendu son sort plus doux. C'est à quoi je vais employer tous mes soins; et je me promets bien d'y réussir.

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