ORONTE
Tu me contes une fable, te dis-jc.
SCÈN£ XIII. 34s
LISETTE
Non, monsieur, je vous assure; Yalère est allé quérir la lettre : il ne tiendra qu'à vous de la voir. M. ORONTE.
Encore un coup , je ne puis croire ce que tu dis.
LISETTE
Eh ! monsieur , pourquoi ne le croiriez-vous pas ? Les jeunes gens ne sont- ils pas aujourd'hui capables de tout?
Il est vrai qu'ils sont plus corrompus qu'ils ne l'étoient de mon temps.
LISETTE
Que savons-nous si Damis n'est point un de ces petits scélérats qui ne se font point un scrupule de la pluralité des dots.f' Cependant la personne qu'il a épousée étant de condition, ce mariage clandestin aura des suites qui ne seront pas fort agréables pour vous.
M. ORONTE
Ce que tu dis ne laisse pas de mériter qu'on y fasse quelque attention.
LISETTE
Comment! quelque attention .^^ Si j'étois à votre place, avant que de livrer ma fille, je voudrois du moins être éclairci de la chose.
M. ORONTE
Tu as raison.... (Apercevant La Branche.) Je vois paroître le valet de Damis; il faut que je le sonde finement... Retiretoi, Lisette, et me laisse avec lui.
LISETTE à part, on s'en allant.
Si cette nouvelle pouvoit se confirmer!