‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 4)Chapitre 280 sur 399 · SCÈNE XV. 'S5 I · texte numérisé non relu

SCÈNE XV. 'S5 I

CRISPIN

Je voudrois savoir qui peut être l'auteur d'un bruit si ridicule.

LA BRANCHE

Monsieur dit que c'est un gentilhomme appelé Valère,

CRfSPIN faisant l'étonné.

Valère ! qui est cet homme-là ?

LA BRANCHE à M. Oronte.

Vous voyez bien, monsieur, qu'il ne le connoît pas..,. (ACrispin.) Eh! là, c'est ce jeune homme que tu sais.... que vous savez, dis-je... qui est votre rival, à ce qu'on nous a dit.

CRISPIN

Ah! oui, oui, je m'en souviens; à telles enseignes qu'on nous a dit qu'il a peu de bien, et qu'il doit beaucoup; mais qu il couche en joue la fille de M. Oronte, et que ses créanciers font des vœux très-ardents pour la prospérité de ce mariage.

M. ORONTE

Ils n'ont qu'à s'y attendre, vraiment! ils n'ont qu'à s'y attendre !

Il n'est pas sot, ce Valère, il n'est parbleu pas sot !

M. ORONTE

Je ne suis pas bête, non plus; je ne suis, palsembleu ! pas bête; et pour le lui faire voir, je vais de ce pas chez mon notaire... (à Damis.) ou plutôt, Damis, j'ai une proposition à vous faire. Je suis convenu, je l'avoue , avec M. Orgon, de vous donner vingt mille écus en argent comptant; mais voulez-vous prendre, pour cette somme,

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ma maison du faubourg Saint-Germain ? elle ma coûté plus de quatre- vingt mille francs à bâtir.

ClUSPIN.

Je suis homme à tout prendre; mais, entre nous, j aimerois mieux de l'argent comptant.

LA. BRA^'CHE k M. Oronte.

L'argent, comme vous savez, est plus portatif.

M. OROÎNTE.

Assurément.

CRISPIK.

Oui, cela se met mieux dans une valise. C'est qu'il se vend une terre auprès de Chartres ; je voudrois bien Tacheter.

LA BRAIS'CHE à M. Oronte.

Ah! monsieur, la belle acquisition ! Si vous aviez vu cette terre-là, vous en seriez charmé.

CRISPIX k M. Oronte.

Je 1 aurai pour vingt -cinq mille écus, et je suis assuré qu elle en vaut bien soixante mille.

LA BRANCHE à M. Oronte.

Du moins, monsieur, du moins. Comment! sans parler du reste, il y a deux étangs où 1 on pèche chaque année pour deux mille francs de goujons,

M. ORONTE à Crispin.

Il ne faut pas laisser échapper une si belle occasion. Ecoutez, j'ai chez mon notaire cinquante mille écus que je réservois pour acheter le château d'un certain financier qui va bientôt disparoître; je veux vous en donner la moitié.

CRISPIN embrassant M. Oronte.

Ah! quelle bonté, M. Oronte! je n'en perdrai jamais

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