‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 4)Chapitre 285 sur 399 · DAMIS · texte numérisé non relu

DAMIS

LA BRANCHE

Ah ! monsieur, je suis au fait. Dans le temps que mon maître vous a écrit cette lettre , il avoit effectivement ébauché un mariage ; mais M. Orgon , au lieu d'approuver l'ébauche, a donné une grosse somme au père de la fille, et a par ce moyen assoupi la chose.

VALÈRE

Damis n'est donc point marié i'

LA BRANCHE

Bon!

Eh! non.

CRISPIN à Valèie.

VALERE

Ah! mes enfants , j'implore votre secours... (AGyspin) Quelle entreprise as - tu formée, Crispin ? Tu n'as pas

voulu tantôt m'en instruire. Ne me laisse pas plus longtemps dans l'incertitude. Pourquoi ce déguisement ? Que prétends-tu faire en ma faveur ?

CRISPIX.

Votre rival n'est point encore à Paris. Il n y sera que dans deux jours. Je veux, avant ce temps-là, dégoûter monsieur et madame Oronte de son alliance.

VALÈRE

De quelle manière P

CRISPIIV.

En passant pour Damis. J'ai déjà fait beaucoup d'extravagances ; je tiens des discours insensés ; je fais des actions ridicules qui révoltent à tout moment contre moi le père et la mère d'Angélique. \ous connoissez le caractère de madame Oronte ; elle aime les louanges ; je lui dis des duretés qu'un petit maître n'oseroit dire à une femme de robe.

VALÈRE

Eh bien ?

CRISPIN

Eh bien ! je ferai et dirai tant de sottises qu'avant la fin du jour je prétends qu'ils me chassent, et qu'ils prennent la résolution de vous donner Angélique.

VALÈRE

Et Lisette , entre-t-elle dans ce stratagème ?

CRISPIN

Oui, monsieur; elle agit de concert avec nous.

Ah! Crispin, que ne te dois-je pas ?

CRISPIÎ>r lui montrant La Branche.

Demandez par plaisir, à ce garçon-là , si je joue bien mon rôle.

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