‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 4)Chapitre 30 sur 399 · ACTE 111, SCÈNK · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCÈNK

INÈS

Hé ! peut-on être plus malheureux que ce cavalier ? A peine a-t-il reçu votre portrait , qu il part de Bruxelles comme un éclair; il arrive à Valence, et lorsque, plein d'ardeur, il s'apprête à vous épouser, il apprend de votre propre bouche que vous avez du goût pour un autre. N'est-il pas bien payé de sa diligence ?

LÉONOR

Je suis encore, te dis-je, dans une situation plus triste que la sienne. L'invincible penchant qui m'entraîne, vers don Garcie me rend don Juan odieux ; et cependant il faut que je combatte sans cesse mes sentiments. Don Juan du moins possède l'objet de ses vœux ; et moi , je perds pour jamais ce que j'aime.

INÈS

Don Garcie , de son côté, n'est pas dans un état moins

déplorable que vous. Il me fait pitié. ( Entendant frapper à la

cloison.) Mais, si je ne me trompe , il vient de frapper à la cloison.

LÉONOR

Retirons-nous , Inès , je dois l'oublier.

INÈS

D'accord ; mais en attendant , approchons-nous de la cloison.

LEONOR voulant s'en aller.

Non , Inès, je ne veux plus lui parler. Je suis femme de don Juan.

INÈS la retenant.

Le pauvre garçon! Vous le ferez mourir si vous ne lui répondez.

LÉONOR

Que veux- tu que je lui dise ?

44 LE TRAITRE Pl'.M.

INÈS entendant frapper à la porte.

Comme il trappe ! Il se donne sans doute do la tèlc contre le mur.

LÉO^TOR s'approcbant de la cloison.

Qui frappe ?

Page 1