‹ uvres de A. René La Sage, ornées de gravures (volume 4)Chapitre 312 sur 399 · I.A BA^RONNE · texte numérisé non relu

I.A BA^RONNE

Hélas! je suis plus à plaindre qua blâmer; ce que tu me vois faire n'est point l'effet d'une volonté libre : je suis entraînée par un penchant si tendre, que je ne puis y résister.

MARINE

Un penchant tendre ? Ces foiblesses vous conviennent-elles? Eh! fi ! vous aimez comme une vieille bourgeoise.

LA BARONNE

Que tu es injuste, Marine! puis-je ne pas savoir gré au chevalier du sacrifice qu'il me fait ?

MARINE

Le plaisant sacrifice!... Que vous êtes facile à tromper! Mort de ma vie! c'est quelque vieux portrait de famille; que sait-on ? de sa grand mère , peut-ètie.

LA BARONNE regardant le portrait.

Non , j'ai quelque idée de ce visage-là , et une idée récente.

MARINE prenant le portrait et l'examinant à son tour.

Attendez... Ah ! justement , c est ce colosse de provinciale que nous vîmes au bal il y a trois jours, qui se fit tant prier pour ôter son masque, et que personne ne connut quand elle fut démasquée.

LA BARONNE

Tu as raison, Marine... Cette comtesse-là n'est pas mal faite.

itlARINE rendant le portrait à la baronne.

A peu près comme M. Turcaret. Mais, si la coni-

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