I.A BA^RONNE
Hélas! je suis plus à plaindre qua blâmer; ce que tu me vois faire n'est point l'effet d'une volonté libre : je suis entraînée par un penchant si tendre, que je ne puis y résister.
MARINE
Un penchant tendre ? Ces foiblesses vous conviennent-elles? Eh! fi ! vous aimez comme une vieille bourgeoise.
LA BARONNE
Que tu es injuste, Marine! puis-je ne pas savoir gré au chevalier du sacrifice qu'il me fait ?
MARINE
Le plaisant sacrifice!... Que vous êtes facile à tromper! Mort de ma vie! c'est quelque vieux portrait de famille; que sait-on ? de sa grand mère , peut-ètie.
LA BARONNE regardant le portrait.
Non , j'ai quelque idée de ce visage-là , et une idée récente.
MARINE prenant le portrait et l'examinant à son tour.
Attendez... Ah ! justement , c est ce colosse de provinciale que nous vîmes au bal il y a trois jours, qui se fit tant prier pour ôter son masque, et que personne ne connut quand elle fut démasquée.
LA BARONNE
Tu as raison, Marine... Cette comtesse-là n'est pas mal faite.
itlARINE rendant le portrait à la baronne.
A peu près comme M. Turcaret. Mais, si la coni-