SCÈNE IIL M. TURGARET, LA BARONNE
M. TURCARET tout essoufflé.
Ouf! je ne sais par où commencer, perfide !
4o8 TLRCARET.
LA BAR0:N"]\'E à part.
Elle lui a parlé.
M. TLRCARET.
J'ai appris de vos nouvelles , déloyale ! j'ai appris de vos nouvelles ! On vient de me rendre compte de vos perfidies , de votre dérangement !
LA BAROlV^sE.
Le début est agréable, et vous employez de fort jolis termes , monsieur.
Laissez-moi parler; je veux vous dire vos vérités... Marine me les a dites... Ce beau chevalier , qui vient ici à toute heure, et qui ne métoit pas suspect sans raison, n'est pas votre cousin , comme vous me l'avez fiiit accroire. Vous avez des vues pour lépouser et pour me planter là , moi , quand j'aurai fait votre fortune.
LA BARO^flVE.
Moi , monsieur, j'aimerois le chevalier.»' v
Marine me la assuré, et qu'il ne faisoit figure dans le monde qu'aux dépens de votre bourse et de la mienne , et que vous lui sacrifiez tous les présents que je vous fais.
LA BAROIVIVE.
Marine est une fort jolie personne !... Ne vous a-t-elle dit que cela , monsieur.
Ne me répondez point , félonne ! j'ai de quoi vous
confondre ; ne me répondez point Parlez , qu'est
devenu , pai exemple , ce gros brillant que je vous
ACTB 11, SCÈNE IV. 4<^y
donnai l'autre jour ? Montrez-le tout à l'heure , montrez-le-moi.
LA BARONNE
Puisque vous le prenez sur ce ton-là, monsieur, je ne veux pas vous le montrer.
Eh ! sur quel ton , morbleu ! prétendez -vous doncque je le prenne ? Oh ! vous n'en serez pas quitte pour des reproches. Ne croyez pas que je sois assez sot pour rompre avec vous sans bruit, pour me retirer sans éclat ; je veux laisser ici des marques de mon ressentiment. Je suis honnête homme : j'aime de bonne foi , je n'ai que des vues légitimes : je ne crains pas le scandale , moi. Ah ! vous navez pas affaire à un abbé , je vous en avertis.
(Il entre dans la L-haïubie de la baronne.)